Le module de service d'Orion s'inspirera de celui de l'ATV (SSA, Spacecraft Sub-Assembly) dont Airbus DS avait la charge. © Nasa

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Airbus DS construira le module de service du véhicule spatial Orion

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Après deux ans d'étude, l'Esa a donné son feu vert au début de la construction du module de service du véhicule spatial Orion de la Nasa. La participation européenne à ce programme d'envergure s'explique par la grande réussite de l'ATV et de ses cinq missions qui ont impressionné les Américains (surtout la première). Certes, aucun astronaute européen n'est prévu à bord d'Orion mais on se consolera en songeant que les Américains respireront et boiront européen.

L'Agence spatiale européenne (Esa) qui participe au développement du futur véhicule spatial des États-Unis, en fournissant le module de service, a conclu avec Airbus Defence & Space, un contrat de 390 millions d'euros portant sur son développement et sa réalisation (ESM, European service module). Celui-ci fournira la propulsion, l'alimentation électrique, le contrôle thermique et les composants vitaux à la capsule américaine.

Cette commande se fait dans le cadre du barter element, un système mis en place par les partenaires de l'ISS où chacun finance sa part de l'utilisation par la fourniture d'un service du même montant que sa contribution. Jusqu'en 2017, l'Esa s'acquittait de ses charges, quelque 150 millions de dollars annuellement, avec les missions de l'ATV, dont le dernier exemplaire est actuellement amarré à la Station orbitale (ATV Georges Lemaître).

Avant d’envisager des voyages habités à destination de Mars, la Nasa utilisera l’Orion-ESM pour des missions à destination de l’astéroïde qu’elle compte capturer à la fin de la décennie prochaine. © Nasa

Ce futur véhicule d'exploration de la Nasa s'apparente aux capsules Apollo du programme lunaire américain des années 1960 et 1970. Cependant, avec un diamètre de 5 mètres et un volume d'air pressurisé de 20 mètres cubes, contre 10 mètres cubes pour Apollo, Orion sera bien plus grand et surtout capable de transporter deux fois plus d'astronautes (6 contre 3). Les missions seront également différentes. Si celles d'Apollo se limitaient à la Lune, Orion est conçu pour voyager dans les régions internes du Système solaire (astéroïde, Mars, point de Lagrange) et surtout pour rejoindre l’astéroïde qu'ils prévoient de capturer d'ici quelques années.

Un vol habité au début de la décennie 2020

La première mission de ce module de service est déjà planifiée. Ce ne sera pas dans quelques semaines avec le premier vol d’essai d'une capsule Orion inhabitée, qui pour le coup utilisera une maquette de structure pour remplacer l'ESM, mais en 2017-2018. Baptisée Exploration Mission 1, cette première mission Orion, à laquelle participera l'Europe, sera un vol non habité vers les points de Lagrange lunaires puis un retour vers la Terre. Son objectif consiste à valider à la fois les performances de la capsule avant son utilisation pour le vol habité et celles du nouveau lanceur Space Launch System (SLS) de la Nasa. Dans le cadre de Exploration Mission 2, la capsule Orion devrait être lancée après 2020, emportant cette fois des astronautes à son bord.

Seule déception, malgré cette participation au développement de l'Orion-ESM, l'Europe ne pourra pas envoyer un de ses astronautes à bord de cet engin. La contribution européenne est seulement la contrepartie du loyer que l'Esa doit régler auprès de la Nasa pour la période 2017-2020. Cela dit, et comme nous l'avait expliqué en décembre 2012 Philippe Deloo, chef d'étude du module de service ESM à l'Esa, dans une interview que nous venons de mettre à jour, une option est à l'étude pour un second module à échanger contre « un service qui pourrait être un vol d'astronautes ou tout autre service que la Nasa et l'Esa identifieraient dans le futur comme intéressant pour les deux organisations ».

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