Le test chromatique d’Ishihara permet de déceler les différents types de daltonisme grâce à des planches pseudo-isochromatiques constituées de mosaïques de points de couleurs différentes. © Henrik Dolle, Adobe Stock

Santé

Comment les daltoniens voient-ils le monde ?

Question/RéponseClassé sous :maladie , Corps humain , yeux

Dans le monde, on estime à environ 300 millions le nombre de personnes atteintes de daltonisme. Une maladie qui affecte la manière dont une personne perçoit les couleurs. Et ainsi, la façon dont elle voit le monde.

Le daltonisme, c'est une maladie essentiellement génétique. Ce qui explique pourquoi elle touche plus les hommes que les femmes. Environ un homme sur douze est daltonien contre seulement une femme sur deux cents. Mais il est intéressant de noter que la maladie peut aussi survenir comme une conséquence d'autres maladies comme le diabète ou bien sûr, presque toutes les maladies qui touchent les yeux.

Le daltonisme, c'est la plus connue des dyschromatopsies. Il affecte en effet, de façon plus ou moins sévère et plus ou moins pérenne, la manière dont une personne voit les couleurs. Ainsi le daltonisme peut être reconnu comme un handicap visuel dans certains métiers. Il peut aussi entraîner des difficultés scolaires. Et si sa forme la plus commune est le daltonisme rouge/vert, il en existe plusieurs grands types différents.

Une vision en couleur défectueuse

En haut, une image en vision normale, en bas, une image vue par une personne souffrant de deutéranomalie. © Colour Blind Awareness

Rappelons que notre rétine est composée de cellules coniques que l'on peut diviser en trois groupes en fonction de leur sensibilité à la couleur rouge, bleu ou verte. Lorsque le système fonctionne correctement, le cerveau reçoit, d'une combinaison de ces cellules, des informations relatives à la couleur des objets.

Mais lorsque l'un ou plusieurs types de ces cellules s'avèrent défectueux, l'information ne peut plus être correctement transmise au cerveau. Les spécialistes parlent de trichromatisme anormal. Ainsi lorsque les cônes sensibles à la lumière rouge sont touchés, on parle de protanomalie. Lorsqu'il s'agit des cônes sensibles à la lumière verte, on parle de deutéranomalie. C'est la déficience la plus commune chez les daltoniens. Et enfin, lorsqu'il s'agit des cônes sensibles à la lumière bleue -- un cas extrêmement rare --, on parle de tritanomalie.

Les daltoniens voient un monde sans nuances de rouge

Voici, à gauche, comment les personnes atteintes de protanopie voient le monde. Plus d’exemple sur La vie en couleur. © Lenstore

Les daltoniens qui souffrent de protanopie -- que l'on considère comme un dichromatisme, la personne possédant deux types de cellules coniques fonctionnelles -- présentent une incapacité à voir la couleur rouge. Le résultat d'une absence de récepteurs -- les fameux cônes -- à cette couleur dans leur rétine -- ou d'une mutation de ceux-ci. Le cerveau de ces personnes reçoit des messages erronés au sujet du rouge. Résultat : une confusion entre les couleurs rouge et bleu et la couleur verte.

Un monde privé de vert

Voici, à gauche, comment les personnes qui souffrent de deutéranopie voient le monde. Plus d’exemple sur La vie en couleur. © Lenstore

Les daltoniens atteints de deutéranopie, quant à eux, ne distinguent pas du tout le vert. Ils ont ainsi tendance à confondre la couleur verte et la couleur rouge, mais aussi certaines nuances de gris, de violet ou de bleu. C'est cette forme de daltonisme que l'on retrouve dans la majorité des cas congénitaux. Celle dont était atteint John Dalton, le célèbre chimiste qui, pour la première fois, a décrit le daltonisme à la fin du XVIIIe siècle.

Un monde sans lumière bleue

Voici, à gauche, comment les personnes atteintes de tritanopie voient le monde. Plus d’exemple sur La vie en couleur. © Lenstore

Les daltoniens qui souffrent de tritanopie, enfin, ne perçoivent pas la lumière bleue. Ainsi, ils confondent généralement le bleu et le gris, le violet foncé et le noir, le vert et le bleu ou encore le orange et le rouge.

Un monde en nuances de gris

Voici, en bas, comment les personnes souffrant de monochromatisme voient le monde. © Colour Blind Awareness

Dans le monde, une personne sur 33.000 souffrirait de ce que les spécialistes qualifient de monochromatisme. Soit une incapacité totale à voir les couleurs. Leur rétine ne comporte aucun cône et leur monde se joue donc dans des nuances de gris.

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