Santé

Psychologie positive : gérer ses émotions et donner un sens à sa vie

Dossier - Santé : la solution intérieure
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De plus en plus de personnes recourent aux « médecines alternatives et complémentaires ». Du coup, la science s'y intéresse de près et invente de nouveaux modèles pour expliquer la santé, la maladie et la guérison. L'effet placebo, par exemple, n'est plus considéré comme une anomalie mais plutôt comme la preuve d'une réelle influence de la pensée sur la santé.

  
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L'impact négatif du stress sur la santé incite de plus en plus de chercheurs à s'intéresser aux bienfaits des émotions positives. Apparues plus récemment dans l'évolution, celles-ci constituent sans doute un avantage évolutif pour les animaux que nous sommes. Gérer ses émotions et donner un sens à sa vie, cela aide à avoir une meilleure santé. 

Si la peur et la colère sont indispensables pour notre survie, ces émotions négatives ne sont utiles que pour répondre à un danger réel ou prévoir certains risques à long terme. En revanche, des émotions positives comme le contentement, la joie ou l'enthousiasme permettent de se projeter dans un avenir serein et, du coup, d'économiser de l'énergie et de préserver une meilleure santé.

La psychologie positive préconise de gérer ses émotions et de donner un sens à sa vie. © Lightspring, Shutterstock

Psychologie positive : les optimistes vivent plus longtemps

Plusieurs études, parfois réalisées sur des périodes de vingt à trente ans, le prouvent : les gens optimistes ont tendance à vivre plus longtemps et en meilleure santé que ceux qui se laissent envahir par le pessimisme.

Voici les propositions du courant de la « psychologie positive », actuellement encouragée par l'American Psychological Association :

  • apprendre à vivre dans le présent ;
  • ne pas se faire du souci inutilement pour des choses qui ne se produiront sans doute jamais ;
  • être capable de se réjouir du verre à moitié rempli au lieu de se lamenter à propos du verre à moitié vide.

Gérer ses émotions

La capacité de raisonner du cortex préfrontal (en particulier le gauche, impliqué dans la gestion des émotions positives) permet de prendre le recul nécessaire et, du coup, d'éviter de sombrer dans le piège de l'anxiété, du stress et de l'épuisement physique. C'est tout un apprentissage. S'exercer à cette attitude positive semble provoquer de véritables remaniements du cerveau dans le sens d'une gestion émotionnelle plus équilibrée et, du coup, protège la santé psychique et physique des individus.

On sait aujourd'hui que le cortex préfrontal gauche est plus récent dans l'évolution du système nerveux que le cortex préfrontal droit. Le développement de l'embryon, du fœtus et du bébé retrace d'ailleurs les différentes étapes de cette évolution. Il n'est donc pas étonnant que l'enfant doive attendre la maturation, plus tardive, du cortex gauche pour acquérir la capacité de relativiser ses émotions négatives. Plus tard, devenu adulte, il développera sa réflexion, élaborera une philosophie, voire des croyances religieuses, pour garder l'espoir face à l'adversité.

Trouver un sens à sa vie

L'une des particularités de notre condition humaine est que nous avons besoin d'échapper à l'absurde pour continuer à vivre. « Avoir l'espoir ne veut pas dire que nous pensons que les choses vont se produire bien, mais que les choses auront un sens », a écrit Vaclav Havel. Attribuer un sens aux évènements de notre vie paraît essentiel à notre survie. Ainsi, de nombreuses études mettent en évidence un accroissement de la qualité des défenses immunitaires en fonction des croyances positives des individus.

L'humour, la propension à se réjouir et la capacité à faire confiance sont autant d'atouts en faveur de la guérison, intervenant notamment dans cet effet étrange appelé « placebo », une capacité d'autoguérison qui repose avant tout sur la suggestion et l'autosuggestion positive face à la maladie et à son traitement.