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Psychisme : quelle influence sur la santé ?

Dossier - Santé : la solution intérieure
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De plus en plus de personnes recourent aux « médecines alternatives et complémentaires ». Du coup, la science s'y intéresse de près et invente de nouveaux modèles pour expliquer la santé, la maladie et la guérison. L'effet placebo, par exemple, n'est plus considéré comme une anomalie mais plutôt comme la preuve d'une réelle influence de la pensée sur la santé.

  
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Longtemps niée, la possibilité d'une influence du psychisme sur la santé et la guérison n'est plus discutable. L'étude des liens psycho-neuro-endocrino-immunologiques apporte la preuve d'un continuum dans la transformation et la circulation des informations au sein de l'être humain. Alors, arrêtons d'opposer le corps à l'esprit.

Quelle est l'influence du psychisme sur la santé ? © Agsandrew, Shutterstock

Il est encore difficile de conceptualiser la réunion des dimensions matérielles (le corps, ses mécanismes physiologiques et ses réponses émotionnelles) et immatérielles (la pensée, les croyances et les émotions vécues sous la forme de sentiments). Souvent, notre langage se révèle approximatif pour décrire l'ensemble de notre expérience.

Corps, émotions et pensées

Ceci est particulièrement vrai lorsque, nous exprimant en français, nous opposons le corps à l'esprit, oubliant au passage de préciser ce que nous entendons par « l'esprit ». De ce point de vue, le vocabulaire anglo-saxon est plus précis. Une précision très appréciable lorsqu'il s'agit de traduire des concepts d'une manière scientifique. Ainsi, par exemple, il paraît intéressant de pouvoir décrire les différentes dimensions de l'expérience humaine en parlant :

  • du corps (body, en anglais) ;
  • des émotions (l'âme : soul) ;
  • des pensées et des raisonnements intellectuels (mind).

Trois niveaux d'informations qui, du plus matériel (le corps) au plus immatériel (les pensées) s'articulent autour d'un pivot central, véritable « cœur » de l'expérience humaine : les émotions, vécues dans le corps sous la forme de réactions physiques et traduites dans la pensée sous la forme de sentiments. Les émotions sont le lien entre le matériel et l'immatériel, dont l'étymologie latine (e-movere) nous rappelle que celles-ci mettent le corps et la pensée en mouvement. Les émotions constituent l'anima, l'âme (soul) qui anime le vivant.

L'évolution phylogénique du cerveau

Aborder l'indivisibilité de l'individu en termes d'informations permet de suivre les chemins de l'évolution phylogénique du cerveau humain. En effet, en plus d'être constitué de deux hémisphères, notre cerveau est le résultat d'une superposition de trois étages :

  • le plus ancien, qualifié de reptilien, intervient dans le maintien de l'homéostasie, équilibre indispensable du corps ;
  • le système limbique, ou cerveau mammalien, préside à l'élaboration de l'émotion ;
  • le plus récent, appelé néocortex, est le siège de nos capacités de raisonnements.

Ainsi, à travers nos trois niveaux de conscience — physique, émotionnel, intellectuel —, l'information qui nous constitue se transforme et est traduite de la réalité corporelle à l'imagination, du matériel à l'immatériel. La voie étant ouverte dans les deux sens, cette information peut aussi se métamorphoser de la pensée à l'action, de l'immatériel au matériel.

Dans une perspective unitaire, nous découvrons que lorsque la circulation de l'information qui nous constitue est fluide, nous accédons à un quatrième état de la conscience : celui de l'expérience de l'esprit qui habite nos pensées, nos émotions et notre corps. Ce « souffle » qui nous traverse, c'est le spiritanglo-saxon, le spiritus latin. Cette conscience de tout ce que nous sommes dans l'instant.

La méditation pour apaiser ses pensées

C'est précisément ce que proposent certaines spiritualités, véritables « sciences de l'esprit », en recommandant la pratique de la méditation. Présents à nous-mêmes dans l'instant, attentifs à respirer en pleine conscience, nous apprenons alors à apaiser nos pensées.

Automatiquement, cela rééquilibre nos émotions et détend notre corps. De récentes études montrent qu'avec le temps, la pratique méditative permet de stimuler plus facilement le cortex préfrontal gauche et, du coup, génère davantage d'émotions positives et stimule les défenses immunitaires.

Ainsi, après avoir analysé l'expérience humaine dans ses moindres détails, entre physiologie et psychologie, la science est en train de redécouvrir les liens qui permettent de remplacer les « ou » par des « et ». Notre compréhension des mystères du vivant y gagnera sans doute beaucoup.