Une pensée négative génère une émotion négative qui active le système nerveux du stressstress et met le corps en état d'alerte. Il existe donc une véritable continuité entre nos états psychiques et physiquesphysiques. Démonstration.

Loin des concepts cartésiens ayant abouti à la séparationséparation du corps et de l'esprit, notre expérience quotidienne nous offre la preuve de la relation constante qui s'établit entre nos pensées, nos croyances, les émotions suscitées par celles-ci et les réactions de notre corps. Pour s'en convaincre, il suffit d'imaginer qu'au moment où vous lisez ces lignes, vous apprenez que vous avez gagné une importante somme d'argentargent.

Quel lien y a-t-il entre nos états psychiques et physiques ? Une pensée négative génère une émotion négative. <em>A contrario</em>, une pensée positive génère une émotion positive. © Scorpp, Shutterstock

Quel lien y a-t-il entre nos états psychiques et physiques ? Une pensée négative génère une émotion négative. A contrario, une pensée positive génère une émotion positive. © Scorpp, Shutterstock

Dans l'instant, vous sentirez grandir en vous une immense énergieénergie, la vie vous paraîtra merveilleuse, vous échafauderez toute une série de projets, vous serez joyeux, vous aurez envie de bouger, de courir ou de danser. Les autres vous percevrons « lumineux » et « en pleine forme ».

Imaginons, au contraire, que vous apprenez le décès de votre meilleur ami. Immédiatement, vous aurez l'impression de vous vider de toutes vos forces, l'existence vous semblera absurde, vous vous sentirez confronté à un murmur sombre, vous serez envahi pas une immense tristesse, vous serez prostré, fragilisé. Les autres vous trouverons « gris et terne » et, le lendemain, peut-être, vous serez cloué au lit avec une forte fièvrefièvre.

Pensées négatives et stimulation du système nerveux sympathique

Au laboratoire de neurosciences de l'université du Wisconsin (États-Unis), Richard Davidson et son équipe ont montré que le simple fait de visionner des images déclenchant des émotions négatives comme la peur, l'anxiété ou la colère provoque une stimulationstimulation de la partie antérieure du cerveaucerveau droit, le cortex préfrontalcortex préfrontal droit.

Automatiquement, le système nerveux sympathiquesystème nerveux sympathique est stimulé. Celui-ci prépare notre « réponse au stress ». Il en résulte une augmentation de la production d'adrénalineadrénaline et de cortisolcortisol par les glandes surrénalesglandes surrénales. Le corps mobilise son énergie, ses forces musculaires et ses défenses immunitaires pour réagir par la fuite ou le combat.

La démonstration est faite : une pensée négative génère une émotion négative qui active le système nerveux du stress et met le corps en état d'alerte. Il existe donc une véritable continuité entre nos états psychiques et physiques.

Pensées positives et stimulation du système nerveux parasympathique

De la même manière, lorsque les images projetées par l'équipe de Davidson provoquent des émotions positives comme la joie ou l'enthousiasme, c'est le cortex préfrontal gauche qui s'active préférentiellement, entraînant une stimulation du système nerveux parasympathiquesystème nerveux parasympathique.

Il s'en suit un relâchement des tensions corporelles, la mise en route des mécanismes de réparation et de récupération de l'organisme, et la stimulation des défenses immunitaires, en particulier les cellules NK (natural killer, en anglais), sortes de gendarmes qui circulent dans le corps en permanence à la recherche de cellules « anormales », infectées ou cancéreuses.