Santé

Les dangers de la cigarette

Dossier - Arrêter de fumer : comment s’affranchir du tabac
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Les dangers de la cigarette sont nombreux. Pour arrêter de fumer, il existe divers traitements et aides, présentés dans ce dossier. Un spécialiste répond également aux questions sur le sevrage tabagique.

  
DossiersArrêter de fumer : comment s’affranchir du tabac
 

Les dangers de la cigarette sont nombreux. Des cancers aux maladies cardiovasculaires, en passant par les effets du tabagisme passif et des conséquences du tabac lors de la grossesse.

Stop tabac. © Underworld, Shutterstock

Les chiffres du tabac : mortalité et consommation

Les ventes de tabac ont reculé de plus de 9 % ces dernières années, plus de 40 milliards de cigarettes ont été livrées aux buralistes en 2018, contre plus de 44 milliards en 2017. Un chiffre encore bien trop élevé quand on sait que le tabagisme tue quelque 78.000 personnes en France par an. La mortalité attribuée au tabagisme se répartit comme suit :

  • 48 % de cancers ;
  • 20 % de maladies cardiovasculaires ;
  • 19 % de maladies respiratoires et 13 % pour les autres causes (1).

De plus, la consommation de 20 cigarettes par jour multiplie par 3 le risque coronarien, avec des risques de survenue d'infarctus et de mort subite.

Le tabagisme passif fait partie des dangers de la cigarette. Ici, une comparaison des pathologies d'enfants selon que leurs parents sont fumeurs ou non. © Tabac.net

La France compte 16 millions de fumeurs âgés de 15 à 85 ans. Près des deux tiers sont des fumeurs réguliers (1). Entre 18 et 34 ans, près d'une personne sur deux fume. Le tabagisme concerne un jeune de 15 à 19 ans sur trois, il est, aujourd'hui, au moins aussi répandu chez les filles que chez les garçons. Sa prévalence atteint un maximum de 46 % chez les femmes de 20-25 ans et 55 % chez les hommes de 26-34 ans. Le nombre de femmes fumant régulièrement rapporté à la population totale progresse (2) : il était de 30,2 % en 2010, de 27,6 % en 2005.

Autre donnée en forme de signal d'alerte, les prévisions indiquent qu'à 19 ans la moitié des garçons seront fumeurs (3). Enfin la progression du pourcentage des fumeurs en fonction des tranches d'âge croît jusqu'à 35 ans et décroît ensuite, sachant, signe encourageant, que 63 % des fumeurs ont fait une tentative d'arrêt ou plus, et que 10 % arrivent à arrêter la cigarette (4). Le tabagisme est le premier facteur de « mortalité évitable » selon l'OMS (5).

Une baisse des ventes due au prix du paquet ?

La hausse du prix de paquet aurait-elle motivée de nombreux fumeurs à baisser leur consommation voire à s'arrêter de fumer ? Fumer un paquet par jour coûte aujourd'hui environ 240 euros par mois et le gouvernement a prévu des augmentations successives jusqu'en 2020 pour arriver à un prix de 10 euros le paquet de 20 cigarettes. De quoi repenser sa consommation ! Chaque année en France, entre 400.000 et 500.000 fumeurs réguliers arrêtent de fumer pour au moins un an. À noter qu'il est possible de rapporter en France du tabac acheté moins cher à l'étranger (en respectant des quantités selon la réglementation des douanes), mais que l'achat de tabac sur Internet est une pratique interdite.

Novembre « Moi(s) sans tabac », un défi collectif !

Lancée en novembre 2016 par le ministère de la Santé, l'opération « Moi(s) sans tabac » avait rallié 180.000 personnes. Un succès inespéré, renouvelé en 2017 et 2018, qui confirme l'engouement et la motivation des fumeurs. Gageons qu'en 2019, la démarche ne s'essouffle pas...

Tabagisme : les risques de maladie chronique

Outre que le tabagisme peut être responsable tout simplement d'un décès, il aggrave de nombreuses maladies chroniques, à tel point que le HCSP, Haut Conseil de la Santé Publique, a placé le sevrage tabagique comme un traitement à part entière des malades atteints d'AVC (accident vasculaire cérébral) mais aussi d'une longue liste d'affections : diabète de type I et II, hépatite B et C, cirrhose hépatique, recto-colite hémorragique, insuffisance rénale, pathologies liées au Sida, insuffisance cardiaque, maladie coronarienne, hypertension artérielle, trouble du rythme, bronchopneumopathie chronique obstructive, cancers de voies aériennes supérieures, ou des malades ayant subi une greffe d'organe (6). Le tabac serait aussi un facteur de risque de l'Alzheimer (7).

Grossesse et tabac : quels risques ?

Qu'il soit actif ou passif, on sait que le tabagisme est hautement nocif pour la mère et le fœtus puisque le monoxyde de carbone reste plus longtemps fixé sur l'hémoglobine fœtale. Il en résulte un petit poids à la naissance et le doublement de la mortalité in utero et dans la première année de vie (8). Par ailleurs, un enfant dont la mère a fumé pendant sa grossesse présente une plus grande fragilité respiratoire et une prédisposition à l'obésité (9, 10).

Les dégâts du tabagisme passif

Ne pas se faire d'illusions : le tabagisme passif est responsable de maladies, et 3.000 décès par an lui sont imputés dans lesquels les maladies cardiovasculaires représentent  2/3 de la surmortalité (11). À noter que dans les pays où a été édictée une interdiction abrupte de fumer dans les lieux fermés, le taux d'hospitalisation pour infarctus du myocarde a chuté brutalement de 17 % selon une première méta-analyse (Lightwood et al.), et de 19 %, selon une deuxième méta-analyse (Meyers et al.) (12,13 14). Ce phénomène n'a pas de pendant en France, probablement parce que l'exposition au tabagisme passif a été amoindrie par l'application depuis une quinzaine d'années de la loi Evin (15).