Les épidémiologistes chinois suivent de près l'apparition de personnes infectées par un nouveau virus, le virus Langya, dans l'est du pays.

Dans une correspondance au New England Journal Of Medicine, les scientifiques du Beijing Institute of Microbiology and Epidemiology, en Chine, font part d'une nouvelle qui rappelle le début de l'épidémieépidémie de Covid-19. Dans les provinces du Henan et du Shandong, 35 personnes ont été infectées par un nouveau virus du genre Henipavirus, appelé Langya (LayV), entre janvier 2019 et janvier 2021.

Un nouveau virus à ARN du genre Henipavirus

Il s'agit d'un virus à ARNARN enveloppé dont le génomegénome fait environ 18.000 nucléotidesnucléotides et code six protéinesprotéines structurelles. Parmi les 35 malades, 26 n'étaient infectés que par le virus Langya - les autres présentaient d'autres maladies infectieuses. Ainsi, l'analyse des symptômes provoqués par le virus n'a été faite que sur ces 26 malades. Tous les patients présentaient de la fièvre (100 %), suivie d'une fatigue, de la toux et des douleursdouleurs musculaires pour la moitié d'entre eux. Certains souffraient aussi de nausées, de maux de tête et de vomissements. 

Si le virus Langya apparaît comme seul responsable des symptômes présentés par les patients, il ne remplit pas tous les critères du postulatpostulat de Koch, un ensemble de règles émises par Robert KochRobert Koch au XIXe siècle et réadaptées depuis, qui permettent d'identifier à coup sûr l'agent étiologique d'une maladie.

Le virus Hendra, observé au microscope électronique. © AJC1, CC by-nc 2.0
Le virus Hendra, observé au microscope électronique. © AJC1, CC by-nc 2.0

Pas de contamination interhumaine prouvée

Aucune transmission interhumaine n'a été mise en évidence à ce stade. Les cas identifiés ne sont pas restreints géographiquement et l'enquête menée auprès des patients ne révèle pas de contact rapproché avec d'autres malades. En revanche, la contaminationcontamination semble d'origine animale. Trois chèvres et quatre chienschiens, parmi les centaines testées, ont des anticorpsanticorps dirigés contre le virus Langya. En revanche, les études menées sur la faunefaune sauvage désignent les musaraignes comme le réservoir naturel du virus.

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Le genre Henipavirus n'est pas inconnu des épidémiologistes puisqu'il contient deux autres virus zoonotiques connus pour provoquer des maladies sévères voire mortelles chez certains mammifèresmammifères, dont l'être humain  : les virus Nipahvirus Nipah et Hendra, tous les deux présents naturellement chez les chauves-souris.