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L'ARN interférence, une nouvelle voie thérapeutique

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Une équipe de chercheurs a montré pour la première fois que la technologie de "l'ARN interférence" (ARNi) pouvait être utilisée pour protéger un organisme de la maladie. Dans cette étude, ils ont employé cette technologie pour protéger une souris d'une hépatite artificielle. Si cette technique prouve aussi son efficacité chez l'homme, elle pourra être utilisée pour traiter une grande quantité de maladies et d'infections.

Structure double brin d'un ARN (pseudonoeud). Crédit: université de Berkeley

Le principe de l'ARN interférence

Cette technologie est basée sur l'inactivation spécifique d'un ARNm* par l'utilisation d'un petit ARN antisens (siARN) pouvant s'apparier avec l'ARNm. Cet appariement entre les deux molécules crée une région d'ARN double brin qui active le système de défense naturel de la cellule contre les virus (les virus présentent très fréquemment des ARN double brin). L'activation du système provoque l'inactivation de l'ARNm ciblé par le siARN en inhibant sa traduction ou en provoquant sa dégradation. Ainsi, l'extinction spécifique du gène permet de lutter contre les maladies causées par celui-ci.

Cette technologie est utilisée depuis plusieurs années chez les plantes, mais il n'a été démontré que récemment qu'elle pouvait être appliquée aux cellules humaines en culture pour lutter contre les virus. Cependant aucune preuve de son efficacité dans un organisme vivant n'avait été faite.

L'ARNi : une nouvelle option thérapeutique

Les chercheurs américains du Cold Spring Harbor Laboratory à New York, ont réussit à inactiver spécifiquement un gène impliqué dans de nombreuses maladies du foie chez la souris.
Les cellules hépatiques possèdent à leur surface un récepteur appelé Fas. Lorsqu'elle est stimulée cette protéine active le programme de suicide cellulaire, entraînant la destruction des cellules du foie. Cette activation peut être due à une infection virale, une maladie auto-immune ou à l'alcoolisme.

Il avait précédemment été démontré que l'injection directement dans la circulation sanguine de la souris d'un siARN anti-fas provoquait une diminution d'un facteur 10 de l'expression du gène.

Pour simuler une hépatite sévère, les chercheurs ont injecté aux souris un anticorps dirigé contre la protéine Fas. Les 40 souris témoins sont mortes en 3 jours, alors que 33 des 40 souris prétraitées par une injection de siARN anti-fas ont survécu 10 jours. Au dixième jour les souris ont été sacrifiées. A l'examen, les foies sont apparus totalement sains. L'efficacité de protection a fortement surpris les chercheurs, étant donné que le protocole d'injection n'avait absolument pas été optimisé (le siARN ayant été directement injecté dans la circulation sanguine).

Ces résultats sont très prometteurs car il pourrait s'agir là d'une nouvelle voie thérapeutique pour soigner toutes les infections virales, ou les maladies liées à l'expression anormale d'un gène. Cependant, étant donné la différence de taille entre un homme et une souris, l'injection directe de siARN chez l'homme n'est probablement pas une option thérapeutique, mais les chercheurs travaillent déjà sur un moyen de délivrer le siARN spécifiquement dans les organes visés.

Lexique :

ARNm : ARN messager. L'ARNm est synthétisé dans le noyau à partir d'un fragment d'ADN (le gène) et transporté dans le cytoplasme où il est traduit en protéine.

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