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La maladie de Parkinson traitée par clonage thérapeutique chez la souris

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Dans le cerveau de souris, artificiellement rendues parkinsoniennes, des biologistes américains ont pu réduire les symptômes en leur injectant des neurones obtenus par clonage de leurs propres tissus.

Des cellules prélevées sur la peau, au niveau de la queue, peuvent fournir des noyaux, qui seront ensuite introduits dans des ovocytes préalablement énucléés. © Lorenz Studer/Developmental Biology/Sloan-Kettering Institute

Depuis plusieurs années, le clonage thérapeutique est considéré comme une voie prometteuse pour le traitement de certaines affections, notamment la maladie de Parkinson. L'idée est de glisser des noyaux de cellules prélevées sur le patient, embarquant donc ses chromosomes, dans des cellules souches, c'est-à-dire des cellules indifférenciées capables, ensuite, de se transformer en tout type cellulaire. Il s'agit donc d'une forme de clonage. Ces cellules souches peuvent être obtenues à partir d'embryons (on parle alors de cellules souches embryonnaires) ou, avec des difficultés qui restent à surmonter, à partir des cellules du patient.

Dans la maladie de Parkinson, certains neurones, ceux fabriquant de la dopamine, manquent à l'appel. On espère pouvoir les remplacer par des cellules souches qui seraient ensuite injectées dans le cerveau du patient. Ce schéma est celui du clonage thérapeutique.

Résultats prometteurs

Plusieurs tentatives infructueuses ont eu lieu dans ce sens. Dans la revue Nature Medicine, l'équipe de Lorenz Studer, du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center, annonce avoir franchi une étape clé sur des souris. Par des lésions cérébrales, les chercheurs ont induit des symptômes semblables à ceux de la maladie de Parkinson chez 24 rongeurs. Des ovocytes (cellule sexuelle se transformant en ovule) ont alors été obtenus chez des souris saines puis énucléés. Dans les cellules de peau des souris malades ont été prélevés des noyaux, qui ont été transférés dans les ovocytes. Le travail a été effectué au Japon, chez un spécialiste du genre, Teruhiko Wakayama, de l'institut Riken. Comme s'ils avaient été fécondés, ces ovocytes, mis en culture, se sont développés pour former des embryons jusqu'à un stade très précoce, le blastocyste, constitué d'une centaine de cellules. Chacun est donc le clone d'une des souris malades.

Lors de travaux antérieurs, la même équipe avait obtenu in vitro des neurones dopaminergiques (en vert sur cette image obtenue en microscopie confocale) à partir de cellules souches devenues des cellules nerveuses (en rouge). © Lorenz Studer/Developmental Biology/Sloan-Kettering Institute

Avec ces blastocystes, l'équipe de  Lorenz Studer a obtenu 187 lignées de cellules souches et a su en diriger la différenciation pour en faire des neurones dopaminergiques, c'est-à-dire capables de fabriquer de la dopamine. Ces neurones ont alors été injectés dans le cerveau des souris malades. Les biologistes notent une amélioration fonctionnelle (un meilleur contrôle des mouvements) chez les souris ayant reçu des neurones issus de leur propre clone thérapeutique. En revanche, aucun effet n'est observé chez les souris auxquelles ont été greffés des neurones génétiquement étrangers.

Cette expérience de laboratoire, effectuée chez des souris qui n'étaient pas atteintes d'une véritable maladie de Parkinson, est encore très loin de constituer une méthode thérapeutique applicable chez l'homme. Mais elle montre au moins la faisabilité de cette utilisation des techniques de clonage...

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