Une récente revue systématique suggère qu'une trentaine de gènes serait associée à nos comportements physiques ou sédentaires. 


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    Non, nous ne sommes pas uniquement le produit de nos gènes. Il est important de désamorcer tout de suite cet écueil de l'analyse scientifique. Être actif ou ne pas l'être ne dépend pas uniquement de notre patrimoine génétique, mais aussi de l'environnement dans lequel nous évoluons. Que ce soit des contraintes professionnelles, familiales, ou le milieu psycho-social, notre code génétique inscrit au plus profond des noyaux de nos cellules ne détermine pas strictement nos comportements. Cela étant dit, une récente revue systématique réalisée par une équipe de chercheurs norvégiens a rassemblé des études sur la question de l'association entre nos gènes et les comportements physiquesphysiques et sédentaires. Ils publient leurs résultats dans l'International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity.

    Les études incluses 

    Une revue systématique, ce n'est pas la kermesse du coin. N'y entre pas qui veut. Les scientifiques avaient des critères bien précis pour sélectionner les études dont ils tiendraient compte afin de limiter l'hétérogénéité entre les différents objets d'études des expériences et d'homogénéiser la qualité méthodologique des études choisies.

    Deux types d'études ont été intégrés dans la revue. Celles qui avaient pour objectif d'identifier de nouveaux variants associés aux comportements physiques ou sédentaires et celles qui se donnaient comme objectif d'évaluer plus en détail l'association entre les comportements physiques ou sédentaires et des variants déjà connus pour jouer un rôle dans lesdits comportements. Aussi les études évaluaient les comportements via différents types de mesures, comme un simple questionnaire ou un accéléromètreaccéléromètre, ce qui peut être préjudiciable pour l'homogénéité de la revue. Au total, les auteurs ont inclus 54 études dans leur revue systématique dont seulement quatre sont considérées comme de très grande qualité méthodologique. 

    Dix polymorphismes et 30 gènes sont associés aux comportements physiques et sédentaires. © Christoph Burgstedt, Fotolia
    Dix polymorphismes et 30 gènes sont associés aux comportements physiques et sédentaires. © Christoph Burgstedt, Fotolia

    10 polymorphismes et 30 gènes associés aux comportements physiques et sédentaires 

    En rassemblant toutes ces études, les chercheurs ont identifié 10 nouveaux polymorphismes d'un seul nucléotide (c'est-à-dire la variation d'une seule paire de base au sein de génomesgénomes issus de la même espèceespèce) associés aux comportements physiques et sédentaires et 30 variants génétiques connus corrélés auxdits comportements. Pourtant, les études possèdent des limites inhérentes à leur qualité variable, et ceux, malgré les critères d'inclusion des scientifiques. 

    Les auteurs sont bien conscients qu'il existe un ensemble complexe de facteurs génétiques, environnementaux et phénotypiques qui relient l'activité physique et la sédentarité à d'autres traits de comportement et qu'ils ne peuvent exclure la possibilité d'effets pléiotropiques (c'est-à-dire un variant génétique affectant plusieurs traits). La course à l'association causale entre génétique et comportements tente de mieux comprendre les mécanismes moléculaires qui déterminent, en partie, nos comportements. Si dans une perspective de curiosité scientifique, ces résultats font sens, il semble bien qu'ils soient déconnectés de la réalité sur la question des mesures à prendre pour augmenter l'activité physique dans la population. La taille d'effet des gènes en question, et les auteurs l'affirment eux-mêmes, est faible. C'est bel et bien l'environnement global qui produit la plus grosse influence sur l'activité d'un individu ou d'un groupe d'individus.