Chang'e 4 fête un an d'activité sur la face de la Lune

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Plus d'un an après son atterrissage sur la Lune, le rover chinois Chang'e 4 se porte étonnement bien pour un véhicule conçu pour fonctionner seulement trois mois. Depuis son atterrissage très médiatique le 3 janvier 2019, le premier sur la face cachée de la Lune, Yutu-2, c'est son nom, a parcouru près de 358 mètres dans le cratère Von Kármán. Large de 186 kilomètres, ce cratère est situé dans le bassin Aitken, un ancien cratère d'impact d'une largeur de 2.500 kilomètres et d'une profondeur de 12 kilomètres.

Cette distance peut paraître courte mais il faut savoir que de ce côté-ci de la Lune les terrains lunaires sont accidentés et fortement cratérisés. Pour éviter casses et pannes, voire de se retrouver bloquer, Yutu-2 se déplace prudemment. À cela s'ajoute que le rover n'est pas visible depuis la Terre, ce qui contraint la Chine à utiliser Queqiao, un satellite relais pour communiquer avec lui. Ce satellite, lancé en mai 2018, se trouve en orbite autour du deuxième point de Lagrange (L2) du système Terre-Lune. Depuis cette position située à environ 500.000 kilomètres de la Terre et 65.000 kilomètres de la Lune, il peut « voir » la Terre et la face cachée de la Lune en même temps. Il y a quelques jours, l'Agence spatiale chinoise (CNSA) et l'Académie chinoise des sciences ont mis en ligne, à l'attention de la communauté scientifique mais aussi du grand public, un lot très significatif de données collectées par le rover Yutu-2 mais aussi par la plateforme d'atterrissage de la mission. Elles sont disponibles en cliquant ici mais des notions de chinois sont nécessaires.

Après Chang'e 4, qui devrait fonctionner encore plusieurs semaines, quatre autres missions sont prévues d'ici 2030 au rythme d'une tous les deux ans. Chang’e 5, dont le lancement est prévu à la fin de cette année, a pour but de rapporter sur Terre des échantillons de la surface lunaire. Suivra Chang'e 6 qui réalisera une mission similaire, mais avec des échantillons collectés au pôle sud de la Lune, puis Chang'e 7 explorera la Lune de façon exhaustive (sans plus de détails). Quant à Chang'e 8, elle testera des technologies utiles à la construction d'une base habitable en testant notamment des imprimantes 3D. À l'horizon 2030, la Chine pourrait envoyer une mission habitée.

Le rover Yutu-2 de la mission Chang'e 4 sur la face cachée de la Lune, vu depuis sa plateforme d'atterrissage. © CNSA