Vue d'artiste du rover Yutu et de l'atterrisseur qui le déposera sur la surface lunaire. L’atterrissage contrôlé est prévu pour le 14 décembre. © CNSA

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En bref : Chang'e 3 emporte un rover chinois vers la Lune

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Voilà quelques jours, en dévoilant son projet de station spatiale, la Chine faisait comprendre au monde que sur les vols habités, la phase de rattrapage technologique se terminait. Aujourd'hui, elle franchit une nouvelle étape avec le lancement réussi d'un rover à destination de la Lune. Un exploit que seuls les États-Unis et la Russie ont réalisé au début de la conquête spatiale.

Après les lancements de Chang’e 1 en 2007 et Chang’e 2 en 2010, la Chine vient de lancer, dimanche 1er décembre à 18 h 30 en heure française, sa troisième mission lunaire. La sonde Chang'e 3 déposera sur la surface de la Lune un rover à six roues qui la parcourra pendant au moins trois mois. Ce rover a été baptisé Yutu, lapin de jade en français. Dans la mythologie chinoise, il s'agit d'un compagnon de la déesse de la Lune Chang'e, le nom donné à toutes les missions à destination de l'astre sélène. La sonde devrait atteindre la Lune le 6 décembre en vue d'un atterrissage contrôlé le 14 décembre. Après les États-Unis et la Russie, la Chine deviendra ainsi la troisième nation à réussir cet exploit technologique.

Cette mission n'a pas que des objectifs scientifiques. Elle a également été conçue pour tester les technologies nécessaires au retour d'échantillons lunaires et acquérir une certaine maîtrise de l'atterrissage en douceur afin de poser des engins plus lourds par la suite. D'un point de vue scientifique, les objectifs sont vastes. On retiendra une étude à grande échelle de la Lune, de sa tectonique et de sa structure interne, et une petite expérience de mesure des courants thermiques ainsi que de la rémanence du sol au point d'atterrissage. Quant au rover Yutu, il se déplacera autour de son site d'atterrissage et devrait parcourir environ dix kilomètres. Il sera équipé d'instruments scientifiques qui permettront l'analyse par différents procédés de son site d'atterrissage et de ses environs. Des observations astronomiques et du système Soleil-Terre-Lune sont également envisagées. Il embarquera également un petit télescope qui aura pour objectif de scruter l'univers dans l'ultraviolet.

Pour en savoir plus sur le programme spatial de la Chine, on peut lire Shenzhou, les Chinois dans l'espace de Philippe Coué (éditions L'esprit du temps), spécialiste français du sujet et chargé de mission à la direction du programme études générales et espace de Dassault Aviation, qui avait déjà écrit un livre sur les vols chinois habités il y a 11 ans. De la genèse de la station spatiale chinoise à la conquête de la Lune, sans oublier le mystérieux Shuguang qui préfigurera Shenzhou, l'ouvrage détaille les grandes étapes de l'histoire du programme spatial habité de la Chine.

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