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La Chine présente son projet de Station spatiale à l'horizon 2020

En dévoilant dans le détail son projet de station spatiale lors d'une conférence internationale, la Chine nous fait comprendre que la phase de rattrapage technologique se termine. Si rien ne vient contrecarrer ses plans, la construction débutera avant la fin de cette décennie et devrait être opérationnelle vers 2022.

Tiangong-3, que les experts occidentaux comparent à un Saliout russe, constituerait le bloc de base de la future station spatiale chinoise. © CNSA Tiangong-3, que les experts occidentaux comparent à un Saliout russe, constituerait le bloc de base de la future station spatiale chinoise. © CNSA

La Chine présente son projet de Station spatiale à l'horizon 2020 - 2 Photos

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Maintenant que la Chine maîtrise les vols habités et qu’elle sait vivre et travailler dans l’espace, la suite logique des programmes Shenzhou et Tiangong est le développement et l’exploitation d’une grande station spatiale. Entre ces deux phases s’intercalent deux autres programmes, celui d’un cargo spatial et d’un nouveau lanceur. 


Avec cette station, la Chine veut prendre la relève de la Station spatiale internationale (ISS). Elle a d’ores et déjà invité à prendre part à son projet les partenaires de l’ISS qui, en principe, doit être désorbitée d’ici à 2025. Cependant, l’avenir de la Station spatiale internationale est incertain. Si dans les faits elle devrait être abandonnée dès le début des années 2020, la Russie et certains partenaires souhaitent prolonger son exploitation jusqu’à la fin de la décennie. On comprend qu’après avoir dépensé des milliards de dollars et consacré plus de dix ans à son assemblage, on veuille l’exploiter aussi longtemps que possible. Et comment justifier le financement par la Nasa d’un service privé de transport spatial habité, s’il se trouve sans destination quelques années après son entrée en service prévue en 2017 ? Il y a fort à parier que les deux stations cohabiteront un certain nombre d’années.

Vue d'artiste de la future station spatiale chinoise. Horizontalement, la station est longue de 35 à 40 mètres. En bas à gauche, le laboratoire avec un instrument d'observation du ciel ou de la Terre. Le module central, auquel est amarré un véhicule de transfert, abrite le carré de l'équipage.
Vue d'artiste de la future station spatiale chinoise. Horizontalement, la station est longue de 35 à 40 mètres. En bas à gauche, le laboratoire avec un instrument d'observation du ciel ou de la Terre. Le module central, auquel est amarré un véhicule de transfert, abrite le carré de l'équipage. © bisbos.com

Ce projet de station spatiale « made in China » est apparu en 2008 avec une première configuration. En 2012, une deuxième version était rendue publique sans que les responsables du programme précisent qu’elle sera la version définitive. Aujourd’hui, la Chine vient de dévoiler les détails de son projet de station spatiale, qu’elle prévoit de mettre en orbite au début des années 2020. Gu Yidong, un des grands responsables du programme spatial chinois, l’a présenté voilà quelques jours lors d’un colloque organisé par l’American Society for Gravitational and Space Research.

La future station spatiale chinoise sera construite en cinq ans

Le lancement du premier module est prévu en 2018, et sera suivi des autres en 2020 et 2022. À partir de cette date, elle fonctionnera pendant dix ans, ou plus si nécessaire. Comme la Station spatiale internationale, elle sera située sur une orbite basse entre 350 et 450 kilomètres d’altitude. Enfin, si l’ISS est inclinée de 51,6° par rapport à l’équateur, pour permettre aux engins russes de la rejoindre sans changer de plan d’orbite, la station spatiale chinoise sera inclinée à 42°.

Cette station sera occupée en permanence par un équipage de trois personnes avec des rotations tous les six mois. Elle sera ravitaillée par de grands cargos spatiaux capables de transporter jusqu’à six tonnes de fret. Lors des rotations d’équipage, quelque 50 kg de matériel pourront être redescendus.

Moins grande que la Station spatiale internationale, 35 m contre 73, et moins puissante (110 kW), la station chinoise offrira certes un service plus limité, mais ses 12 kW lui permettront de faire fonctionner jusqu’à 13 bâtis d’expérimentation et une plateforme extérieure, sur laquelle sera entreposée du matériel d’expérimentation et d’observation de la Terre et de l’univers. Le programme scientifique qui sera mené à bord est déjà connu. Il concerne les biotechnologies, la fabrication de matériaux, la recherche médicale et les effets de la gravité sur l’organisme humain.

Études biologiques et physique des fluides au programme

Une panoplie d’instruments de pointe est prévue. On trouvera une boîte à gants, des fours (jusqu’à 1.600 °C), des serres pour l’étude de graines, de plantes ou de petits animaux. Il y aura également une centrifugeuse, ainsi que trois réfrigérateurs pour stocker des échantillons à 4, -20 et -80 °C. La Chine entend également travailler en physique des fluides, en mettant l'accent à la fois sur la recherche fondamentale et le développement technologique pour les applications terrestres. Du matériel de pointe est également prévu pour étudier des phénomènes nouveaux liés aux sciences des matériaux et à la physique des fluides.

Pour en savoir plus sur le programme spatial de la Chine, on peut lire Shenzhou, les Chinois dans l’espace de Philippe Coué (éditions L'Esprit du temps), spécialiste français du sujet et chargé de mission à la direction du programme études générales et espace de Dassault Aviation, qui avait déjà écrit un livre sur les vols chinois habités il y a 11 ans. De la genèse de la station spatiale chinoise à la conquête de la Lune, sans oublier le mystérieux Shuguang qui préfigurera Shenzhou, l'ouvrage détaille les grandes étapes de l’histoire du programme spatial habité de la Chine.


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