Les techniques de fécondation in vitro se sont nettement améliorées en 30 ans. En France, plus de 200.000 bébés-éprouvette ont vu le jour. La Fiv à trois permettrait d'éviter certaines maladies graves. © Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

Santé

Bientôt des Fiv à trois parents au Royaume-Uni ?

ActualitéClassé sous :Santé , fécondation in vitro , Louise Brown

Lors d'une consultation publique sur la fécondation in vitro (Fiv) à trois parents, les habitants du Royaume-Uni se sont révélés plutôt favorables à l'utilisation de cette technique. Entre progrès technique et problème éthique, le débat fait rage.

Depuis la naissance du premier bébé-éprouvette, Louise Brown, le 25 juillet 1978, la Fiv a aidé de nombreux couples à devenir parents. Elle s'est d'ailleurs imposée au fil des années comme un traitement efficace contre l'infertilité. Selon l'Institut de veille sanitaire (InVS), près de 2 % des nourrissons français voient le jour grâce à cette technique de procréation médicalement assistée.

Une nouvelle méthode de Fiv, appelée « Fiv à trois » car elle fait intervenir le matériel génétique de trois parents, pourrait voir le jour au Royaume-Uni. Son nom peut être trompeur. Bien sûr, il ne s'agit pas d'être parents à trois, mais d'éviter qu'une maladie mitochondriale soit transmise par la mère.

La FIV est une technique de procréation médicalement assistée qui a permis à de nombreux couples de devenir parents. Le premier bébé éprouvette français, Amandine, est né en 1982. Elle vient de donner naissance à une petite fille en juin 2013. © etolane, Flickr, cc by nc nd 2.0

Fiv à trois pour éviter les maladies mitochondriales

Les mitochondries sont situées à l'intérieur des cellules et leur fournissent de l'énergie. Elles possèdent leur propre ADN, distinct du matériel génétique contenu dans le noyau cellulaire. Selon le centre de référence du CHU de Nice, les maladies mitochondriales touchent environ 2,5 personnes sur 10.000 par an en France, et sont considérées comme les maladies métaboliques les plus fréquentes. Bien que souvent bénignes, elles peuvent parfois causer des anomalies graves.

Pour éviter ces pathologies, les scientifiques ont donc développé la Fiv à trois. Pour faire simple, elle consiste à prélever les noyaux d'un ovocyte et d'un spermatozoïde et à les injecter dans un ovocyte énucléé provenant d'une donneuse. Le résultat de cette manipulation est un embryon qui contient les gènes des parents et les mitochondries saines d'une donneuse. L'ADN mitochondrial représente cependant une fraction minime (1 %) de son patrimoine génétique.

Cette technologie se heurte toutefois à des questions éthiques. Car si la quasi-totalité des gènes d'un enfant issu d'une Fiv à trois proviennent de son père et de sa mère, il disposera quand même de l'ADN mitochondrial d'une tierce personne. Cela compte peu, mais soulève la polémique sur la légitimité de la donneuse de mitochondries. D'autre part, certaines personnes craignent que cette méthode aille trop loin dans la manipulation génétique du vivant. L'an prochain, le sujet sera débattu au Parlement britannique. S'il donne son accord, la Fiv à trois pourra être pratiquée dès 2014 au Royaume-Uni.

Cela vous intéressera aussi