Santé

Des implants rétiniens donnent espoir aux non-voyants

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Les implants rétiniens pourraient permettre de recouvrer partiellement la vue. À l'institut de la Vision à Paris, deux hommes atteints de cécité ont présenté le fonctionnement de leurs rétines artificielles à la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

Moins de dix personnes portent un implant rétinien en France. La technologie permet de voir quelques dizaines de pixels en noir et blanc ou gris. Elle devrait encore se développer dans le futur. © Matthieu Alexandre, AFP

Atteints de rétinopathie pigmentaire, une maladie héréditaire provoquant une perte progressive de la vision, Jean, 72 ans, et Claude, 60 ans, portent une prothèse supposée leur rendre partiellement la vue. Une avancée médicale susceptible de concerner des milliers de Français touchés par cette maladie.

Opéré de la rétine il y a deux ans, Jean se souvient encore de la première fois qu'il a porté ses lunettes. « C'était phénoménal, je n'avais pas vu depuis 20 ans et, d'un seul coup, vous avez tout ça. J'ai dit [aux médecins] : "C'est un vrai feu d'artifice" ». Le feu d'artifice, ce sont des flashs qui lui permettent de percevoir des formes, des mouvements et des contrastes.

À l'âge de 18 ans, Jean apprend qu'il est atteint d'une maladie congénitale. « On m'avait dit : "à 50, 60 ans, vous pourriez devenir aveugle". » Dans les transports, il lui arrivait de cogner les gens car ils n'étaient pas dans son champ visuel, raconte-t-il. Au travail, celui qui a enchaîné divers jobs manuels avoue avoir longtemps caché ce problème, de peur d'être licencié. À 51 ans, il perd totalement la vue. C'est aussi vers 18 ans que Claude, qui vit à Avignon, commence à voir trouble. Des lunettes de vue parvenaient à corriger ce qu'il croyait être une simple myopie mais la maladie l'a en réalité rattrapé.

Le personnage de Steve Austin dans L'Homme qui valait trois milliards est devenu une icône populaire. Aujourd’hui cette série télévisée, adaptée du célèbre roman Cyborg, de Martin Caidin, est peut-être en train de devenir plus que de la science-fiction avec les implants rétiniens. © SciFiMoviesTheater

« Quand on m'a proposé des rétines artificielles, j'ai dit oui tout de suite », explique Claude d'un ton déterminé. « C'était un cadeau du ciel », ajoute son fils, Julien. « J'espère recouvrer un peu de vue, d'autonomie, pouvoir regarder la télé », poursuit cet agriculteur à la retraite, dont deux des frères sont également atteints de rétinopathie pigmentaire. Cinq mois seulement après l'opération, il est cependant encore trop tôt pour percevoir d'éventuels changements.

Jean assure pouvoir se promener avec sa femme en évitant souvent tout seul les obstacles. Il a également réussi à estimer la taille d'une personne ou encore à repérer une allumette posée sur une table et à l'attraper. « Ça m'a changé un petit peu la vie », confie-t-il.

Des rétines artificielles de 50 à 60 pixels

Pour percevoir les informations visuelles, le patient porte une paire de lunettes équipée d'une caméra miniature et d'un boîtier électronique portatif qui transmet les données captées par la caméra à l'implant oculaire. Celui-ci, greffé sur la rétine, transforme les informations visuelles en stimulations électriques envoyées au cerveau, explique Serge Picaud, directeur de recherche à l'institut de la Vision. Le patient pourra percevoir au mieux 50 à 60 pixels en noir, blanc ou gris. Cela l'aidera à mieux s'orienter mais il ne verra pas de couleurs, explique-t-il.

Pour améliorer leur vision, les patients sont soumis à des exercices de rééducation : reconnaître des chiffres, des lettres, des objets de tailles différentes ou encore des nuances de noir et de blanc. Objectif : stimuler la mémoire, car ces prothèses s'adressent aux personnes ayant déjà vu. « L'objectif à long terme est de redonner de l'autonomie aux patients, qu'ils puissent reconnaître des visages puis lire des textes complexes », explique Serge Picaud.

Actuellement, moins de 10 personnes portent un implant rétinien en France, dont Jean et Claude, pour qui l'intervention a été intégralement remboursée par la Sécurité sociale. Entre 20.000 à 40.000 personnes sont atteintes de rétinopathie pigmentaire en France.

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