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Argus II, l’implant rétinien autorisé aux États-Unis

Deux ans après l’Europe, la FDA, l’agence sanitaire américaine, vient d’autoriser le premier implant rétinien sur son territoire. Baptisé Argus II, il permet de restaurer un peu de vision aux personnes devenues aveugles après avoir été atteintes par une maladie génétique rare appelée rétinite pigmentaire.

L'implant rétinien Argus II est le premier du genre à recevoir une autorisation de mise sur le marché aux États-Unis, deux ans après l'Europe. Qui sera le suivant ? © Second Sight L'implant rétinien Argus II est le premier du genre à recevoir une autorisation de mise sur le marché aux États-Unis, deux ans après l'Europe. Qui sera le suivant ? © Second Sight

Argus II, l’implant rétinien autorisé aux États-Unis - 1 Photo

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L’Homme bionique débarque. Pourtant, si cela n’est pas sans rappeler quelques héros de fiction équipés de matériel de haute technicité, il ne s’agit pas de donner naissance à une génération de surhommes, mais d’épauler des personnes rendues aveugles à la suite d’une maladie génétique rare, la rétinite pigmentaire.

Cette pathologie affecte les cellules en cônes et en bâtonnets de la rétine, chargée d’interpréter le rayonnement lumineux qui parvient à l’œil et de transformer l’information en un courant électrique qui parcourt le nerf optique jusqu’au cortex visuel, où il est interprété par le cerveau.

La société californienne Second Sight travaille depuis les 20 dernières années au développement d’un implant rétinien permettant de compenser ce défaut visuel. Après avoir reçu l’aval des autorités sanitaires européennes en 2011, la prothèse se prépare désormais à conquérir le marché américain. La Food and Drug Administration (FDA), l’agence de sûreté des médicaments des États-Unis, vient d’autoriser la mise sur le marché du traitement de la rétinite pigmentaire, comme elle l'indique par un communiqué.

Des lunettes modernes jusqu’au cerveau

Déjà décrit sur Futura-Sciences, l'implant rétinien Argus II se compose d’une paire de lunettes ultrasophistiquées, reliées à une unité de traitement d’images, en plus de microélectrodes directement implantées dans le fond de l’œil, après une opération de 2 à 4 heures.


Cette vidéo en français explique en images le principe de fonctionnement de l'implant rétinien Argus II. © SecondSightEurope, Youtube

Une caméra miniature, située à l’avant des lunettes capte la lumière et envoie l'information par un câble jusqu’à l’unité de traitement d’images, qui va la transformer. Celle-ci remonte ensuite jusqu’à un émetteur situé dans la branche droite des lunettes, puis est envoyée par Wi-Fi aux 60 microélectrodes. Connectées au nerf optique, elles permettent de relayer l’information jusqu’au cortex visuel du patient.

L’agrément de la FDA vient essentiellement des résultats satisfaisants obtenus lors d’un essai clinique mené sur 30 patients. En effet, la grande majorité d’entre eux ont eu leur vision partiellement restaurée. Très partiellement même. Mais d’une cécité quasiment complète, ils ont réussi à apercevoir les contours avec un peu plus de netteté, gagnant ainsi en autonomie.

Le marché des implants rétiniens en pleine expansion

Cet implant pourrait concerner jusqu’à 4.000 Américains chaque année, diagnostiqués avec cette maladie. Cependant, tout le monde n’est pas éligible. Il faut avoir 25 ans, être aveugle, disposer d’une couche interne de cellules rétiniennes sans dommage et il faut avoir vu dans le passé. Tous les patients ne remplissent pas systématiquement les critères.

Autre problème : les coûts. Il faut compter pour 73.000 euros d’achat, hors taxe. Pas à la portée de toutes les bourses donc. En Europe, une soixantaine de patients en ont pour l’heure bénéficié. Le produit réussira-t-il à réellement se faire sa place aux États-Unis ?

S’il est le premier implant rétinien à être autorisé outre-Atlantique, il pourrait également souffrir de la concurrence de rivaux en passe de conquérir le marché. Le Retina Implant AG, dont les résultats en essais cliniques sont prometteurs, aura peut-être droit lui aussi à un accord de la FDA dans les années à venir. Et d’autres, en cours de développement, leur emboîteront probablement le pas…


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