Le régime méditerranéen, recommandé par la communauté scientifique, privilégie les produits de saison, les poissons gras, et l'huile d'olive à chaque repas. Selon une récente étude, l'huile d'olive, aliment fondamental de ce régime reconnu pour ses bienfaits tant sur la santé physique que mentale, serait associée à une diminution du risque de décès lié à la démence.


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    Si les professionnels de santé et les scientifiques n'ont de cesse de vanter les mérites du régime végan depuis plusieurs années, celui-ci n'est toujours pas parvenu à se substituer au régime méditerranéen en matièrematière de bienfaits pour la santé. Réputé pour la variété des aliments qui le composent, riche en produits de saisonsaison et pauvre en produits raffinés et viande rouge, ce régime alimentaire que l'on appelle aussi « régime crétois » serait bénéfique pour l'équilibre du transit intestinal, pour la santé cardiovasculaire, ou encore pour le maintien de la santé mentale, comme l'explique le portail Manger Bouger, le programme national de santé publique.

    Mais des chercheurs de Harvard vont aujourd'hui encore plus loin. Dans une étude initialement présentée en juillet 2023 lors du congrès annuel de l'American Society for Nutrition, mais dont les conclusions ont été rendues publiques ce lundi 6 mai dans le journal JAMA Network Open, ils suggèrent que la consommation régulière d'huile d'olive pourrait être associée à une baisse du risque de décès par démence. Un constat établi après analyse d'une foule de données, dont des questionnaires alimentaires, incluant 92 383 adultes sur 28 ans. Notons qu'au cours de cette période, plus de 4 700 participants sont décédés des suites d'une démence.

    La consommation d'huile d'olive, produit reconnu bénéfique pour la santé physique et mentale, réduirait le risque de décès par démence. © Mbruxelle, Adobe Stock
    La consommation d'huile d'olive, produit reconnu bénéfique pour la santé physique et mentale, réduirait le risque de décès par démence. © Mbruxelle, Adobe Stock

    L'huile d'olive, un atout pour la santé mentale

    Dans le détail, les résultats révèlent que la consommation de plus de la moitié d'une cuillère à soupe d'huile d'olive par jour est associée à une baisse de 28 % du risque de décès par démence. Les chercheurs notent également que le fait de remplacer une cuillère à café de margarine et de mayonnaise par une quantité équivalente d'huile d'olive par jour est associé à une réduction de 8 à 14 % du risque de décès par démence, indépendamment du régime alimentaire adopté. Malgré ce constat, les scientifiques précisent que les personnes consommant régulièrement de l'huile d'olive en lieu et place des graisses transformées ou animales avaient globalement une alimentation plus saine.

    « Notre étude renforce les directives alimentaires recommandant les huiles végétales telles que l'huile d'olive et suggère que ces recommandations favorisent non seulement la santé cardiaque mais aussi potentiellement la santé cérébrale. Opter pour l'huile d'olive, un produit naturel, au lieu de graisses telles que la margarine et la mayonnaise commerciale est un choix sûr et peut réduire le risque de démence fatale », soulignait Anne-Julie Tessier, chercheuse à la Harvard TT.H. Chan School of Public Health, dans un communiqué publié en juillet dernier.

    Il ne s'agit ici que d'une étude observationnelle, rien ne prouve donc que l'huile d'olive est directement liée à la baisse du risque de démence mortelle. Un détail qui a son importance, et qui pousse aujourd'hui les chercheurs à vouloir lancer des essais contrôlés randomisés pour confirmer ces résultats, et déterminer la quantité optimale d'huile d'olive à consommer pour profiter de l'ensemble de ces avantages. D'après des données de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 55 millions de personnes souffrent de démence dans le monde, avec quelque 10 millions de nouveaux cas chaque année. Responsable de 60 à 70 % des cas, la maladie d'Alzheimer est la forme la plus fréquente de démence.

     

     


    Un peu d'huile d'olive chaque jour pourrait réduire les décès dus à la démence

    Article de Claire ManièreClaire Manière, publié le 28 juillet 2023

    Des études récentes ont montré l'intérêt de l'approche nutritionnelle pour ralentir la progression des maladies neurodégénératives comme la maladie d'Alzheimer. En particulier, l'huile d'olive pourrait jouer un rôle bénéfique sur la santé cardiovasculaire, la mortalité et la cognitioncognition. Qu'en est-il du lien avec le risque de mortalité par démence ?

    Des chercheurs américains ont examiné l'association entre la consommation d'huile d'olive et le risque ultérieur de décès par démence chez des adultes (56 ans en moyenne au début de l'étude). Pour cela, ils ont utilisé des questionnaires sur la fréquence de consommation des aliments et les dossiers de décès de plus de 90 000 Américains non atteints par un cancercancer ou une maladie cardiovasculairemaladie cardiovasculaire au départ. Au cours des 28 ans de suivi, environ 5 % des participants à l'étude sont décédés des suites d'une démence.

    Les conclusions présentées lors de la réunion annuelle de l'American Society for Nutrition suggèrent qu'une demi-cuillère à soupe quotidienne suffirait à réduire de 25 % le risque de décès lié à la démence, par rapport aux personnes ne consommant jamais ou rarement de l'huile d'olive. En outre, remplacer une cuillère à café par jour de margarine ou de mayonnaise par une quantité équivalente d'huile d'olive était associé à une réduction de 5 à 12 % du risque de décès par démence.

     La maladie d'Alzheimer est la forme de démence la plus répandue dans le monde. © Ocskay Bence, Adobe Stock
     La maladie d'Alzheimer est la forme de démence la plus répandue dans le monde. © Ocskay Bence, Adobe Stock

    Des effets spécifiques à l’huile d’olive

    Il est connu que la consommation d'huile d'olive au lieu de graisses transformées ou animales est meilleure pour la santé. Pourtant, les chercheurs notent que la relation entre l'huile d'olive et le risque de mortalité par démence était indépendante de la qualité globale du régime alimentaire dans cette étude. L'huile d'olive pourrait posséder des propriétés particulières bénéfiques pour le cerveaucerveau.

    L'étude fondée sur l'observation ne prouve pas que l'huile d'olive permet de diminuer le risque de décès par démence. Mais il reste recommandé d'en consommer à la place de la margarine ou de la mayonnaise dans le cadre d'un régime alimentaire sain.


    L’huile d’olive, le nouveau traitement contre la maladie d’Alzheimer ?

    Article de Janlou ChaputJanlou Chaput, publié le 22 mars 2013

    L'oléocanthal, un composé retrouvé dans l'huile d'olive, pourrait protéger de la maladie d'Alzheimer en chassant des neuronesneurones les protéinesprotéines bêta-amyloïdesbêta-amyloïdes, qu'on suppose impliquées dans la démence. Faut-il se mettre dès maintenant au régime méditerranéenrégime méditerranéen ?

    On connaissait les vertus du resvératrol, entrant dans la composition du vin rouge. Maintenant, il faudra sûrement faire avec l'oléocanthal, retrouvé dans l'huile d'olive. Une étude menée par des chercheurs américains de l'université de Louisiane à Monroe vient de révéler les effets protecteurs de la moléculemolécule sur les neurones : elle faciliterait l'expulsion des protéines bêta-amyloïdes, qu'on accuse d'être responsables de la maladie d’Alzheimer.

    Le constat n'est en fait pas tout à fait nouveau. À l'origine, les scientifiques ont remarqué que la prévalenceprévalence de cette démence était inférieure dans les pays du pourtour méditerranéen, amateurs d'huile d’olive. Un lien entre l'aliment et la maladie a très vite été établi. Les premières suggestions considéraient que les hautes teneurs en acides gras mono-insaturésacides gras mono-insaturés pouvaient en être la cause.

    Mais des travaux plus récents ont commencé à montrer que la clé résidait peut-être dans l'oléocanthal. Cependant, ces intuitions n'avaient pas été vérifiées. Ce qui vient désormais d'être fait dans la revue ACS Chemical Neuroscience.

    Cette image prise au microscope montre en marron les agrégats de bêta-amyloïdes par immunomarquage dans le cortex cérébral. Cette protéine vient s'accumuler entre les neurones et pourrait être la cause de la maladie d'Alzheimer, même si on n'a pas encore pu le prouver. © Nephron, Wikipédia, cc by sa 3.0
    Cette image prise au microscope montre en marron les agrégats de bêta-amyloïdes par immunomarquage dans le cortex cérébral. Cette protéine vient s'accumuler entre les neurones et pourrait être la cause de la maladie d'Alzheimer, même si on n'a pas encore pu le prouver. © Nephron, Wikipédia, cc by sa 3.0

    L’oléocanthal, éliminateur de bêta-amyloïdes

    L'expérience a été menée sur une souche de souris faisant office de modèles de la maladie d'Alzheimer. Les observations ont été menées à deux niveaux : in vitroin vitro avec des neurones issus de ces rongeursrongeurs, et in vivoin vivo en observant directement dans le cerveau.

    Dans les deux cas, un traitement à base d'oléocanthal extrait d'huile d'olive extra vierge a permis la surexpression de deux protéines, la glycoprotéineglycoprotéine P et le LRP-1 (LDL lipoprotein receptor related protein-1). Toutes deux sont des transporteurs des bêta-amyloïdes du neurone vers la circulation sanguine, au-delà de la barrière hémato-encéphaliquebarrière hémato-encéphalique.

    Effectivement, à l'aide de bêta-amyloïdes marqués à l'iodeiode radioactif, les chercheurs ont observé que la protéine caractéristique de la neurodégénérescence était davantage éliminée des cellules nerveuses après administration de l'oléocanthal.

    L’huile d’olive, la solution contre la maladie d’Alzheimer ?

    Les auteurs soulignent donc l'intérêt d'un régime méditerranéen en préventionprévention de la maladie d'Alzheimer, puisqu'une alimentation à base d'huile d'olive diminuerait les risques de développer la démence.

    Cependant, ceci n'est pour l'heure qu'une supposition. Les scientifiques n'ont pas mesuré l'effet de cette élimination sur le comportement des souris. Développent-elles les symptômessymptômes de la maladie plus tardivement que celles qui n'ont pas reçu d'oléocanthal ? Ont-elles meilleure mémoire ? Apprennent-elles plus rapidement ?

    De nouvelles études s'avèrent donc nécessaires afin de conclure si la diminution de la concentration neuronale en bêta-amyloïde suffit pour ralentir voire éradiquer la principale cause de démence dans le monde.