Fumer un joint pourrait bientôt devenir has been. De plus en plus de consommateurs se tournent en effet vers une alternative déjà très prisée aux États-Unis : le vaporisateur à herbe. Une alternative que les spécialistes décrivent comme « plus saine », mais contre laquelle certains chercheurs mettent en garde.

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[EN VIDÉO] Interview : le cannabis, une substance anticancérigène ? En France, la question du cannabis reste sensible puisque, selon les estimations, plus de 4 millions de personnes âgées de 12 à 75 ans en auraient déjà consommé. Ce stupéfiant fait l’objet de nombreuses études aux conclusions contradictoires. Futura est parti à la rencontre de Paul Hofman, directeur du laboratoire de pathologie de Nice et chercheur pionnier dans la détection du cancer du poumon, pour en savoir plus sur cette substance.

Le cannabiscannabis est réputé être le produit illicite le plus consommé dans notre société. Il se fume parfois tel quel. Mais le plus souvent, mélangé à du tabac, roulé dans une sorte de cigarette en forme de cônecône : le fameux joint ou pétard que l'on fait tourner pour un partage collectif ou que l'on consomme en solitaire.

Rappelons que si la consommation de cannabis est prohibée, c'est à cause de ses effets psychotropespsychotropes. Ce dernier agit en effet sur le système nerveux centralsystème nerveux central procurant d'abord une sensation de bien-être et d'apaisement, accompagnée d'une légère somnolencesomnolence, et parfois aussi, d'une augmentation du rythme cardiaque, d'une baisse de la tension artérielletension artérielle et du taux de sucresucre dans le sang. Et lorsque le joint contient du tabac, il faut associer les risques y afférentsafférents.

Alors, pour consommer du cannabis « plus sainement », certains optent aujourd'hui pour la vaporisationvaporisation -- on devrait plus justement parler de sublimationsublimation, mais ici, en l'occurence, pas de combustioncombustion et pas de tabac. L'herbe pure, hachée menue, est chauffée entre 150 et 200 °C. Le consommateur aspire ensuite une vapeur riche en substances gustatives et psychoactives, non polluées par des produits de la combustion qui démarre à quelque 230 °C seulement.

Les vaporisateurs à cannabis ressemblent à des e-cigarettes. © cendeced, Fotolia
Les vaporisateurs à cannabis ressemblent à des e-cigarettes. © cendeced, Fotolia

Le vaporisateur, plus sain que le joint ?

L'opération se déroule dans un vaporisateur qui ressemble parfois à s'y méprendre à une cigarette électronique et qui est alimenté par une batterie. Il peut aussi prendre la forme d'un vaporisateur d'intérieur, initialement imaginé pour un usage thérapeutique. Autre avantage pour les resquilleurs : la vapeur qui s'en échappe se révèle quasi inodore.

Et selon une récente étude menée par des chercheurs américains, la consommation de cannabis vaporisé aurait des effets psychotropes bien plus importants que la consommation de joints. Les participants à l'étude ont rapporté plus d'effets indésirables (hausse du rythme cardiaque, paranoïa, faim, yeuxyeux rouges, etc.) et une altération plus prononcée de leurs capacités à penser et à contrôler leurs mouvementsmouvements. Un résultat expliqué par une concentration plus importante de THCTHC dans le sang : 14,4 ng/mL contre 10,2 ng/mL.

« La différence entre une personne qui obtient l'effet droguedrogue souhaité et un effet drogue trop fort, produisant potentiellement une paranoïa et des effets incommodants, est souvent mince. Ce genre de choses pourrait être plus probable avec les vaporisateurs à cannabis », met en garde Tory Spindle, chercheur à la faculté de médecine de l'université John Hopkins de Baltimore (États-Unis). Ainsi, l'argument d'une consommation « plus sûre » pourrait n'être qu'une illusion. De manière générale, il serait judicieux d'utiliser de plus petites quantités de cannabis dans un vaporisateur que dans un joint.

Les personnes qui ne consomment que rarement sont appelées à la plus grande prudence lorsqu'ils choisissent la vaporisation.