Des chercheurs suisses affirment qu’une substance contenue dans une hépatique présenterait des propriétés pharmacologiques plus importantes que le THC, avec des effets secondaires moindres. © natagolubnycha, Fotolia

Santé

Cannabis médical : cette « mousse » serait plus efficace que le THC

ActualitéClassé sous :médicaments , cannabis , cannabis médical

À faible dose, le THC présente un important potentiel thérapeutique. Pourtant, il reste peu utilisé compte tenu des effets secondaires qui lui sont liés. Mais des chercheurs suisses nous présentent aujourd'hui une « mousse » qui pourrait bien résoudre le problème.

L'usage médical des cannabinoïdes qui sont extraits du cannabis fait débat. Certains les louent pour leurs effets sur la douleur notamment, ou sur d'autres symptômes comme les crampes musculaires ou les vertiges. D'autres réclament toujours plus d'études scientifiques pour percer le mode d'action du THC.

Rappelons que le THC -- pour tétrahydrocannabinol -- est la principale substance responsable des effets thérapeutiques du cannabis chez l'homme. Des effets qui résultent de la capacité de cette molécule à se lier aux récepteurs cannabinoïdes présents dans nos organismes. Et notamment à certains récepteurs cérébraux impliqués dans le traitement des informations relatives à la douleur. L'ennui, ce sont les puissants effets psychoactifs observés lorsque le THC est consommé à fortes doses.

Pendant 30 ans, les chercheurs ont pensé que le cannabis était la seule plante à produire du THC. Mais en 1994, un phytochimiste japonais a découvert dans une hépatique -- une plante cousine des mousses --, Radula perrottetii, une substance apparentée. Le perrottétinène -- comme il l'a baptisée -- est constitué d'atomes liés entre eux de manière similaire à celle du THC. Elle présente toutefois un groupe benzyle supplémentaire et une structure tridimensionnelle différente.

Certains voient dans la Radula perrottelii, un « planant légal ». © Stefan Fischer, université de Berne

Du perrottétinène plutôt que du THC ?

Il y a quelques années, les chercheurs ont appris que cette substance étant connue sur Internet pour procurer des effets planants. C'est ainsi que des chimistes suisses ont décidé d'enquêter sur ses éventuelles propriétés pharmacologiques. Aujourd'hui, ces chercheurs suisses montrent que le perrottétinène atteint facilement le cerveau pour y activer spécifiquement les récepteurs des cannabinoïdes.

« Cette substance présente un effet psychoactif plus faible que le THC, mais elle est capable d'inhiber les processus inflammatoires dans le cerveau de manière plus importante que ce dernier », raconte Andrea Chicca, chercheur à l'université de Berne (Suisse). Contrairement au THC, le perrottétinène inhibe en effet les prostaglandines du cerveau qui sont des facteurs d'inflammation. Ce faisant, il a un effet similaire à celui des endocannabinoïdes produits naturellement par notre corps.

Pour arriver à ces conclusions, il aura fallu aux chercheurs user de grandes quantités de cette substance bioactive. Difficile à l'isoler dans l'hépatique, relativement rare, qui la produit, ils ont décidé de mettre au point une méthode de synthèse leur permettant de contrôler la structure moléculaire. De quoi imaginer travailler maintenant sur des modèles précliniques afin de définir plus précisément son action sur les douleurs chroniques et inflammatoires.

  • Le THC est la principale substance active du cannabis.
  • Le perrottétinène, un cousin du THC, se trouve lui dans une hépatique baptisée Radula perrottetii.
  • Il est capable d’inhiber les processus inflammatoires dans le cerveau de manière plus importante que le THC tout en induisant moins d’effets psychoactifs secondaires.
Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi

Interview : le cannabis, une substance anticancérigène ?  En France, la question du cannabis reste sensible puisque, selon les estimations, plus de 4 millions de personnes âgées de 12 à 75 ans en auraient déjà consommé. Ce stupéfiant fait l’objet de nombreuses études aux conclusions contradictoires. Futura est parti à la rencontre de Paul Hofman, directeur du laboratoire de pathologie de Nice et chercheur pionnier dans la détection du cancer du poumon, pour en savoir plus sur cette substance.