Trois enfants sur quatre respirent un air toxique en France, s'alarme l'Unicef France, qui appelle les pouvoirs publics dans ce pays à agir « au plus vite » contre la pollution de l'air. © MarioGuti, IStock.com

Santé

Pollution en France : trois enfants sur quatre respirent un air toxique

ActualitéClassé sous :médecine , Pollution , allergie

L'Unicef demande aux pouvoirs publics français d'agir pour réduire la pollution de l'air. Trois enfants sur quatre respireraient un air toxique en France, ce qui peut favoriser des maladies respiratoires et d'autres pathologies.

Interview 4/5 : la pollution, quels risques pour la santé ?  Avec l’augmentation des taux de pollution se pose la question de son impact sur la santé humaine. Chaque polluant a des effets différents, certains immédiats et visibles, d’autres retardés et plus insidieux. Afin de clarifier la question, nous avons interviewé Philippe Hubert, directeur des risques chroniques de l’Ineris. 

Dans un rapport paru ce jeudi, le Fonds de l'ONU pour l'enfance (Unicef) appelle, avec des ONG, à la mise en place en ville de zones de circulation restreinte suffisamment ambitieuses. L'agence onusienne se saisit de ce thème pour la première fois en France.

« Quand on dit air pollué, on pense souvent pays en développement, épais brouillard... », souligne Jodie Soret, de l'Unicef. « Mais en France, trois enfants sur quatre respirent un air pollué, dit l'OMS [Organisation mondiale de la santé]. On en connaît de plus en plus les implications, il y a les maladies respiratoires mais on fait aussi le lien avec le diabète, les syndromes dépressifs... »

« Nous appelons au respect des droits des enfants, notamment à vivre dans un environnement sain », ajoute Jodie Soret, chargée des relations de l'Unicef avec les pouvoirs publics et coordinatrice de cette campagne.

Les progrès réalisés pour réduire les émissions de NO2 et de particules fines, qui en ville viennent d'abord des transports, restent insuffisants, note le rapport, réalisé en partenariat avec le WWF, le Réseau Action climat et l'association Respire. L'Unicef prône la généralisation de « zones à faible émission » (à circulation restreinte) « ambitieuses », prenant notamment en compte les lieux sensibles (hôpitaux, écoles...) et « pas seulement les hyper-centres ». L'Unicef en appelle aux élus locaux et nationaux, notamment la ministre française de la Santé Agnès Buzyn : « Il est encore temps de protéger la santé des enfants qui grandissent en ville ».

Les enfants sont particulièrement vulnérables à la pollution de l’air, en France et dans le monde. © Hung Chung Chih, Shutterstock

Limiter la circulation pour éviter des pathologies respiratoires

Parmi les mesures recommandées, encourager mieux les mobilités douces (voies réservées, forfait pour les salariés, apprentissage du vélo pour les enfants...), tarifer les transports en commun selon les revenus, réguler la circulation aux abords des écoles.

Le rapport cite de nombreuses études, mais déplore le manque de données propres aux jeunes populations. Les enfants, dont l'organisme est immature, sont vulnérables : leur fréquence respiratoire est 1,5 fois plus élevée que celle d'un adulte, leurs activités en extérieur plus fréquentes, et ils sont moins capables d'agir pour se protéger.

La pollution de l'air provoque de l'asthme et favorise les poussées d'eczéma

« La pollution de l'air provoque de l'asthme et favorise les poussées d'eczéma, et elle aggrave les pathologies respiratoires de ceux qui en ont », souligne Jocelyne Just, chef du service d'allergologie pédiatrique à l'hôpital Trousseau à Paris, dont l'Unicef a sollicité l'expertise.

La France est poursuivie par l'UE pour non-respect dans 14 agglomérations de normes européennes pourtant moins strictes que les recommandations de l'OMS.

  • L’Unicef demande aux pouvoirs publics français d’agir pour réduire la pollution de l’air.
  • Trois enfants sur quatre respirent un air pollué.
  • La pollution atmosphérique favorise des pathologies respiratoires comme l’asthme.
Pour en savoir plus

La pollution automobile fragilise la santé de nos enfants

Article de Jean Etienne paru le 4 mai 2007

Une étude réalisée aux Pays-Bas met en corrélation l'apparition d'asthme et d'allergies chez les jeunes enfants avec la pollution produite par les gaz d'échappement des véhicules. Il ne s'agit pas d'une première, mais la pertinence des données de départ la classe au-dessus du lot.

Car jusqu'ici, si de nombreuses statistiques avaient été publiées au sujet de l'impact que pouvait avoir sur la respiration, notamment de jeunes enfants, le fait de vivre à proximité d'un grand axe routier, aucune n'avait pris en compte la concentration des gaz polluants dans l'air ambiant. C'est maintenant chose faite, et les résultats de cette investigation, produits par une équipe de scientifiques néerlandais et canadiens, ont été publiés le 25 avril dans l'European Respiratory Journal.

Cette mise en corrélation, M. Bauer et son équipe l'ont effectuée individuellement pour chacun des 4000 enfants suivis, âgés de 0 à 4 ans en prenant essentiellement en compte la présence de particules fines d'oxyde nitreux (NO2). Ces mesures ont été croisées avec les données fournies par les médecins traitants ou la famille, ainsi qu'un questionnaire portant sur les affections enregistrées telles l'existence d'un asthme diagnostiqué, de bronchites, de grippes ou d'eczéma. Les questions portaient aussi sur les symptômes constatés, tels sifflements bronchiques, toux sèche, infections de la sphère ORL ou éruptions cutanées. L'examen était complété par un dosage des IgE, l'anticorps de l'allergie, chez plus de 700 enfants des tranches d'âge impliquées.

Les résultats de l'étude sont formels : il existe bien une relation quantitative entre l'ensemble des affections précitées et l'exposition à la pollution automobile. En ce qui concerne l'asthme, le risque d'apparition de cette maladie invalidante est majoré de 30% par rapport aux enfants vivant en milieu sain. Ce risque est augmenté de 20 % pour les autres maladies.

Les chercheurs ont aussi constaté que la vie en milieu pollué selon les critères étudiés avait aussi une incidence sur la sensibilité aux allergènes alimentaires habituels, mais sans établir de corrélation avec le taux d'IgE.

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