Les polluants respirés les premiers mois de la vie peuvent réduire les capacités respiratoires des enfants des années plus tard. © demphoto, Fotolia

Santé

Les polluants chimiques menacent le système respiratoire des bébés

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Les enfants exposés aux polluants chimiques dans le ventre de leur mère ou pendant les premiers mois de vie ont des capacités respiratoires diminuées. C'est le résultat d'une étude de l'Inserm, du CNRS, de l'Université de Grenoble-Alpes et de l'Institut de santé globale de Barcelone.

Interview 4/5 : la pollution, quels risques pour la santé ?  Avec l’augmentation des taux de pollution se pose la question de son impact sur la santé humaine. Chaque polluant a des effets différents, certains immédiats et visibles, d’autres retardés et plus insidieux. Afin de clarifier la question, nous avons interviewé Philippe Hubert, directeur des risques chroniques de l’Ineris. 

Certaines substances « pourraient être associées à une fonction respiratoire diminuée chez l'enfant », expliquent dans un communiqué commun l'Inserm, le CNRS et l'Université Grenoble-Alpes. Les chercheurs citent notamment les composés perfluorés (les PFC, que l'on retrouve notamment dans les poêles antiadhésives, certains emballages alimentaires et les revêtements antitaches), l'éthylparabène (un conservateur utilisé dans de nombreux cosmétiques) et plusieurs molécules issues de la dégradation des phtalates.

Il s'agit d'une des premières études sur le sujet à prendre en compte l'exposition globale à toute une série de polluants (l'exposome), et pas seulement substance par substance, soulignent les auteurs de l'article, publié dans la revue médicale britannique The Lancet Planetary Health.

Les cosmétiques peuvent contenir des composés nocifs. © Emmanuelle Guillou, Fotolia

L'équipe de chercheurs a recueilli des données sur le mode de vie et les expositions à plusieurs dizaines de substances (particules fines dans l'air, perturbateurs endocriniens, métaux, polluants organiques persistants, etc.) d'environ 1.000 femmes enceintes et leurs enfants dans six pays européens. Dans le cadre de l'étude, à laquelle a participé également l'Institut de santé globale de Barcelone, les scientifiques ont ensuite mesuré la fonction pulmonaire des enfants à un âge compris entre 6 et 12 ans, grâce à un test mesurant le volume d'air inspiré et expiré.

L’exposition aux polluants pendant la grossesse mise en cause

Les chercheurs ont ainsi observé, par exemple, qu'un taux deux fois plus élevé d'acide perfluoro-octanoïque (PFOA en anglais, un composé perfluoré très persistant dans l'environnement) dans le sang de la mère pendant la grossesse était corrélé quelques années plus tard avec une baisse de près de 2 % du volume d'air expiré par seconde chez leurs enfants. Concernant les expositions après la naissance, neuf facteurs sont associés à une fonction respiratoire moins performante, dont le cuivre, l'éthylparabène, cinq molécules issues de la dégradation des phtalates mais aussi le surpeuplement du logement.

Cette analyse statistique, qui ne démontre pas de lien de cause à effet, « doit être vue comme une première étape de sélection permettant d'identifier des expositions suspectes pour lesquelles des travaux plus spécifiques sont nécessaires », estiment ses auteurs.

Le développement pulmonaire de l'enfant est un facteur déterminant de sa santé globale

« Identifier les facteurs de risque d'une fonction respiratoire diminuée dans l'enfance est important car le développement pulmonaire de l'enfant est un facteur déterminant de sa santé globale, et pas seulement respiratoire, tout au long de la vie », souligne Valérie Siroux, chercheuse à l'Inserm et co-coordinatrice de l'étude.

  • Les chercheurs ont étudié 1.000 femmes enceintes et leurs enfants dans six pays européens.
  • Une exposition élevée à des composés perfluorés pendant la grossesse réduit les capacités respiratoires des enfants.
  • La fonction respiratoire a un impact sur la santé en général, et pas seulement respiratoire.
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