Santé

Des parabènes dans 400 médicaments : tous toxiques ?

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Une liste de 400 médicaments couramment utilisés qui contiendraient des parabènes a été révélée par un grand quotidien. Cette information très sérieuse intervient seulement trois semaines après un vote de l'Assemblée nationale, en faveur de l'interdiction de ces substances.

Les médicaments qui contiennent des parabènes seront peut-être retirés du marché, si le Sénat confirme le vote de l'Assemblée nationale. © DR, Wikimedia, CC by-sa 3.0

Selon Le Monde, environ 400 « spécialités pharmaceutiques », c'est-à-dire des médicaments, mais aussi des dentifrices ou des shampoings de consommation courante, contiendraient des parabènes. L'Assemblée nationale ayant voté le 3 mai dernier pour l'interdiction définitive des parabènes (mais aussi des phtalates et des alkylphénols), les industries pharmaceutiques risquent d'être contraintes de modifier la composition de leurs produits si le Sénat adopte également le texte de loi.

À l'origine, les parabènes ont été choisis pour leur activité antimicrobienne qui leur permet de lutter contre les bactéries ou les champignons contaminants (éventuellement nocifs), mais aussi pour protéger les molécules actives de toute dégradation. Considérés comme de simples conservateurs, ils sont ainsi utilisés comme excipients dans les médicaments ou ajoutés dans des produits cosmétiques et alimentaires.

Les parabènes sont partout !

Pourtant, ces molécules de synthèse sont au centre d'un débat acharné entre leurs défenseurs et leurs détracteurs. Mimant l'action des œstrogènes en se fixant sur les récepteurs hormonaux (avec tout de même beaucoup moins d'efficacité que les œstrogènes naturels), les parabènes sont des perturbateurs endocriniens, soupçonnés depuis quelques années de favoriser le développement de tumeurs œstrogéno-dépendantes (comme certains cancers du sein) ou de limiter la fertilité masculine.

Les parabènes sont une famille de molécules qui possèdent toutes la même structure globale, et qui se différencient par leur chaîne alkyle (ici notée R). © Wikimedia, domaine public

Les études scientifiques réalisées ne permettent pas de conclure avec certitude quant à la nocivité des parabènes, expliquait l'Inserm en avril dernier. Ils n'ont pour l'heure jamais été interdits en France et les produits qui en contiennent sont donc encore sur le marché. Ainsi, des médicaments aussi variés que la Biafine (destinée au soin des brûlures de la peau), le Drill (pour lutter contre la toux), le Zyrtec (un antihistaminique), certains génériques contenant du paracétamol ou de l'ibuprofène (des antidouleurs) ou certains antibiotiques, et bien d'autres, tous sur la liste révélée par le quotidien, sont toujours distribués par les pharmaciens.

Les parabènes anonymes

Pour les incrédules, il est possible de vérifier ces données de façon très simple. Il suffit de réaliser une recherche sur le site Internet du Vidal, l'encyclopédie qui contient les fiches descriptives de chaque médicament, ou de lire leur composition sur la notice présente dans leur emballage. Mais attention, les parabènes ne sont souvent pas indiqués sous ce simple nom.

Il s'agit en réalité d'une famille de molécules issues de la liaison entre l'acide parahydroxybenzoïque (un cycle à 6 atomes de carbone lié d'un côté à un groupement OH et de l'autre à un groupement carboxylique) et un alkyle, dont la nature détermine l'identité du parabène. Il existe donc plusieurs parabènes différents, dont les noms peuvent porter à confusion pour un non spécialiste. Ainsi, le méthylparabène peut aussi être appelé 4-hydroxybenzoate de méthyle, et la présence de l'éthylparabène dans un produit peut être signalée sur l'étiquette par le nom 4-hydroxybenzoate d'éthyle.

Si leur présence dans ces produits est donc un fait avéré, leur toxicité reste discutée. Pour mettre fin aux interrogations, une étude toxicologique serait actuellement menée par l'Afssaps, dont les résultats devraient être disponibles à la fin de cette année.

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