Pour attirer un spermatozoïde vers lui, l’ovule a la solution : un soupçon de progestérone et le tour est joué ! Le processus physiologique entraîne entre autres des mouvements plus puissants du flagelle. Sachant cela, il est donc possible d’imaginer de nouveaux contraceptifs qui inhiberaient ce mécanisme.
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Le parcours du spermatozoïde vers l'ovuleovule n'est pas un long fleuve tranquille, loin de là ! Une fois dans le vaginvagin, les gamètesgamètes doivent franchir le col de l'utéruscol de l'utérus, un environnement acideacide et hostile qui aura raison d'un bon nombre de ces cellules. Puis ils doivent parcourir un long chemin jusqu'à l'une des deux trompes de Fallopetrompes de Fallope, où les attend l'ovocyteovocyte produit par l'ovaireovaire. Les quelques survivants à ce périple doivent encore une fois faire preuve de volonté pour se faufiler entre les cellules et le mucusmucus qui entourent et protègent l'ovocyte pour atteindre le but ultime de sa brève existence : la fécondation.

S'il n'y a qu'un seul gagnant à l'arrivée sur les 200 millions présents au départ, il ne doit pas sa victoire qu'à lui seul. Une hormonehormone féminine bien connue permettrait aux spermatozoïdes d'être encore plus performants, selon deux études parues récemment et simultanément dans la revue Nature

La progestérone essentielle à la fécondation

Ce n'est pas une découverte totale puisque de précédents travaux avaient montré que la progestéroneprogestérone, sécrétée par le corps jaune des ovaires mais aussi par les cellules folliculaires de l'ovocyte, était une aide précieuse aux spermatozoïdes. En effet, elle avait tendance à attirer les nageurs vers elle (chimiotactisme), à faire bouger leur flagelleflagelle avec plus de puissance (hyperactivation du gamète) et à favoriser l'ouverture de la membrane de l'ovocyte pour permettre l'entrée du spermatozoïdespermatozoïde (réaction acrosomale).

Le spermatozoïde possède globalement une tête, où se trouve le noyau, et un flagelle qui assure la mobilité. Le récepteur sensible à la progestérone, CatSper, est situé sur le flagelle. © LadyofHats, Wikimedia, domaine public

Le spermatozoïde possède globalement une tête, où se trouve le noyau, et un flagelle qui assure la mobilité. Le récepteur sensible à la progestérone, CatSper, est situé sur le flagelle. © LadyofHats, Wikimedia, domaine public

On savait notamment que ces phénomènes provoqués par l'hormone étaient permis par l'entrée de calciumcalcium dans la cellule, un flux ionique qui s'observe fréquemment en biologie, notamment lors de l'activation des neuronesneurones. Cela a pour particularité d'entraîner un processus complexe de signalisation cellulaire, où des moléculesmolécules biologiques prennent le relais pour effectuer des actions qui dans ce cas sont essentielles à la réussite de la fécondationfécondation.

CatSper, un récepteur pas comme les autres

Mais l'on ignorait encore comment se faisait la reconnaissance de la progestérone par le spermatozoïde. Comme dans toute reconnaissance hormonale, la présence d'un récepteur spécifique est requise et grâce aux travaux de chercheurs allemands et américains, de l'Université de Californie (San Fransisco), et d'instituts de recherche de Bonn, Jülich et Göttingen, le récepteur a été identifié et nommé CatSper.

Il s'agit d'un canal ioniquecanal ionique, une sorte de trou, situé dans la membrane plasmiquemembrane plasmique au niveau du flagelle du spermatozoïde. Mais à l'inverse de la majorité des récepteurs hormonaux, il possède la particularité de répondre instantanément à la présence de l'hormone, sans entraîner l'expression d'une cascade de gènesgènes. C'est ce que l'on appelle un récepteur non génomiquegénomique.

En plus de prouver l'existence controversée des récepteurs non génomiques, ces travaux démontrent un possible développement de nouveaux moyens de contraception en bloquant le récepteur CatSper, ou au contraire de nouveaux traitements de l'infertilité, en favorisant la sécrétionsécrétion de progestérone pat les cellules folliculaires de l'ovocyte.