Et si la cicatrice de la césarienne disparaissait pour de bon ? © Artem Furman, Fotolia

Santé

Bientôt la fin des cicatrices à vie ?

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Des chercheurs américains pensent qu'il est possible de manipuler le processus de cicatrisation pour éviter de laisser des marques sur la peau. L'astuce consisterait à générer des follicules pileux, qui induisent la formation de cellules de graisse : la peau ressemblerait alors à celle d'origine.

Qu'il s'agisse du souvenir laissé par une opération ou un accident, certaines cicatrices marquent à vie. Le tissu cicatriciel a un aspect différent du reste de la peau parce qu'il ne contient pas de cellules de graisse (adipocytes) ou de follicules pileux. Au lieu de cela, il est formé de myofibroblastes. C'est la même chose qui se passe lorsque la peau vieillit et qu'elle perd des adipocytes : les rides apparaissent.

Toutefois, des chercheurs américains imaginent qu'il soit possible un jour de régénérer la peau autrement qu'avec un tissu cicatriciel, chose que l'on croyait impossible jusqu'à présent chez les mammifères. George Cotsarelis, de l'université de Pennsylvanie, explique dans Science Alert : « Nous pouvons manipuler la guérison des plaies de sorte qu'elle mène à la régénération de la peau plutôt qu'à des cicatrices. Le secret est de régénérer les follicules pileux d'abord. Après cela, la graisse va se régénérer en réponse aux signaux de ces follicules ».

Les myofibroblastes convertis en adipocytes

Les scientifiques ont découvert que les myofibroblastes existants peuvent être convertis en adipocytes. Jusqu'à présent, on pensait que seuls les amphibiens et les poissons étaient capables d'une telle conversion. Les chercheurs soupçonnaient que la croissance des follicules pileux accompagnait celle des adipocytes dans la peau qui se régénère. Ils ont donc provoqué la croissance des follicules pileux dans le tissu cicatriciel de souris et dans des échantillons de peau humaine cultivés en laboratoire.

D'après les résultats parus dans Science, les follicules pileux libèrent une protéine signal, BMP (Bone Morphogenetic Protein), qui convertit les myofibroblastes en adipocytes. Si les follicules pileux sont induits au niveau de la plaie, la nouvelle peau fabriquée ne peut pas être distinguée de la peau préexistante. Il est donc possible d'imaginer, à l'avenir, que ces résultats puissent être répliqués dans un essai clinique, en manipulant BMP et les myofibroblastes, afin de guérir des blessures sans laisser de cicatrice.

Pour en savoir plus

Un hydrogel pour cicatriser les blessures

Article de Laurent Sacco, paru le 31/07/2007

Les hydrogels commencent à être bien connus dans notre vie de tous les jours puisqu'on les retrouve aussi bien dans les lentilles de contacts souples que dans les pansements nouvelle génération. Une équipe de chercheurs de l'université du Delaware (UD) a mis au point un hydrogel spécifique pouvant potentiellement aider à la réparation et à la régénération des tissus humains.

Précisons un peu ce qu'est un hydrogel. Il s'agit de polymères insolubles dans l'eau et capables de constituer une sorte de gel avec un énorme pouvoir absorbant. En effet, ils peuvent parfois contenir jusqu'à 99 % d'eau dans leur forme finale. Les produits obtenus possèdent un haut degré de flexibilité comparable aux tissus vivants, et comme ils sont constitués en grande partie d'eau, ils sont naturellement compatibles avec ces tissus. À base de silicone dans beaucoup de cas, on s'en sert pour faire les lentilles de contact mensuelles perméables à l'oxygène et à l'eau, permettant même de dormir avec, et aussi les fameux implants mammaires.

Darrin Pochan et Joel Schneider. © Kathy F. Atkinson

Joel Schneider, UD associate professor of chemistry and biochemistry, et Darrin Pochan, associate professor of materials science, ont entrepris avec leur équipe d'explorer les voies ouvertes par les hydrogels pour la réparation des blessures. Il y a déjà de nombreuses applications de ce genre sur le marché pour des brûlures et des plaies légères. La grande capacité de rétention en eau des hydrogels permet alors une hydratation permanente, facilitant la cicatrisation. De même, plusieurs groupes de recherche travaillent sur eux car ils constitueraient des implants biocompatibles capables de libérer dans l'organisme des substances curatives sur de longues durées.

Accélérer la régénération des tissus

Dans cette direction, les chercheurs de l'UD ont alors examiné de plus près la possibilité d'ajouter des antibiotiques, des anti-douleurs et des cellules spécifiques accélérant la régénération des tissus dans un hydrogel afin de traiter rapidement des blessures, comme par exemple sur un champ de bataille. Par simple injection, on pourrait ainsi accélérer la réparation des fractures ou des dommages de certains organes. On n'en est pas encore vraiment là, mais les résultats déjà obtenus sont prometteurs.

L'hydrogel MAX8. © Kathy F. Atkinson

Schneider, Pochan et leurs collègues se sont concentrés spécifiquement sur un hydrogel capable de servir de « tuteur » pour la croissance des cellules composants les os et les fibroblastes. Ils ont pour cela développé des hydrogels basés sur les peptides, des chaînes moléculaires composées de moins de 100 acides aminés. Le premier type avait été baptisé MAX1 du nom du jeune fils de Pochan. Actuellement, ils en sont à la version MAX8. Avec elle, ils ont pu stocker des cellules et les injecter sans causer de dommages à un organisme. En bonus, l'hydrogel s'est trouvé avoir de remarquables propriétés bactéricides.

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