Au 16e siècle, des millions de personnes sont décédées dans une curieuse épidémie au Mexique. © f9photos, Fotolia

Santé

Mexique : les Aztèques auraient été décimés par une salmonelle

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Au 16e siècle, des millions d'Aztèques sont décédés au Mexique, à cause d'une épidémie qui a été nommée localement « cocoliztli ». La bactérie Salmonella enterica qui cause une fièvre entérique pourrait avoir été responsable de nombreuses morts.

Lorsque les Européens sont arrivés en Amérique, ils ont apporté des maladies infectieuses. Parmi ces épidémies qui se sont répandues dans les colonies du Nouveau Monde, « cocoliztli » était probablement l'une des plus dévastatrices, touchant une partie du Mexique et du Guatemala. D'après Sciencemag, la maladie ressemblait à une fièvre hémorragique. Les victimes avaient une jaunisse, perdaient du sang par le nez, les oreilles, faisaient des convulsions et mouraient en quelques jours.

Une équipe internationale composée de chercheurs de l'institut Max Planck, de l'université de Harvard et de l'institut national mexicain d'anthropologie et d'histoire a voulu comprendre la cause de cette épidémie. Les chercheurs ont analysé l'ADN de 29 squelettes provenant du site de Teposcolula-Yucundaa, dans le sud du Mexique. Après l'épidémie, la ville a changé de site ; le cimetière contenant des victimes de l'épidémie n'a pas été touché jusqu'à récemment.

Une salmonelle qui causerait une fièvre hémorragique

Dans dix squelettes de victimes, les chercheurs ont identifié la bactérie Salmonella enterica Paratyphi C. Cette salmonelle cause des fièvres entériques, c'est-à-dire une fièvre élevée, de la déshydratation et des complications gastro-intestinales. La fièvre typhoïde en est un exemple. On peut imaginer que la bactérie a été apportée par les Européens car elle était absente des squelettes datant d'avant leur arrivée. Les symptômes évoquant une fièvre hémorragique pourraient s'expliquer par les grandes quantités de bactéries présentes dans l'organisme, chez des individus qui souffraient aussi probablement de malnutrition.

Ces résultats paraissent dans la revue Nature Ecology and Evolution.

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