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Les plantes OGM anges ou démons ?

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O.G.M, voici trois lettres qui stigmatisent à elles seules les pires craintes à la fois pour la santé des hommes, et pour l'environnement. Ces lettres sont aussi devenues en quelques années le symbole d'une lutte contre une mondialisation de l'économie. Le problème est qu'actuellement défenseurs et opposants des OGM débattent dans un domaine où les rares études disponibles sont sujettes à caution.

Culture de maïs

C'est donc dans le but de déterminer l'effet de l'utilisation des herbicides sur la vie sauvage que cette étude gigantesque a été lancée en Angleterre. Pour cela l'effet des herbicides a été testé sur trois sortes de végétaux modifiés génétiquement pour y résister et comparé aux résultats obtenus avec les mêmes végétaux non modifiés. Les scientifiques insistent sur le fait que leur étude montre l'effet des herbicides sur l'environnement et non l'effet des plantes modifiées génétiquement.

Durant les quatre années pendant lesquelles cette étude a été menée, 280 champs à travers l'Angleterre ont été analysés. Pour chacune des récoltes les champs ont été séparés en deux. Une moitié a été cultivée avec des plantes modifiées génétiquement, l'autre moitié avec les mêmes plantes non modifiées. Ces deux parcelles étant traitées avec des herbicides à large spectre pour les parcelles OGM, et à spectre étroit pour les autres. Les plantes OGM ayant été modifiées pour les rendre plus résistantes aux herbicides utilisés pour tuer les mauvaises herbes.

Afin de quantifier objectivement l'effet des herbicides sur la faune et la flore des deux champs, les scientifiques ont suivi la quantité de graines ainsi que des différents insectes retrouvés dans les pièges dispersés dans les champs. Il est important de noter que les rendements de production n'ont pas été pris en compte dans l'évaluation.

Les organisateurs de cette étude estiment que celle-ci est une grande réussite, car c'est la première fois qu'une nouvelle technologie pour l'agriculture est évaluée avant sa mise en application plutôt qu'après.

Des résultats mitigés

Trois types de plantes ont été analysées.
Pour le colza et la betterave à sucre les résultats indiquent une plus grande biodiversité de la flore et de la faune dans les parcelles non OGM. Cette différence semble être liée aux différents insecticides utilisés, et n'être donc qu'une conséquence indirecte de l'utilisation d'une plante OGM.
En revanche, pour le maïs les résultats inverses ont été obtenus, c'est-à-dire qu'une plus grande diversité a été observée dans les parcelles contenant le maïs transgénique. Dans ce dernier cas, il est important de noter que l'herbicide utilisé (l'atrazine) vient d'être interdit dans l'Union Européenne, en raison de ses effets probables sur la santé.

Les scientifiques insistent sur le fait que leurs travaux ne peuvent en aucun cas être généralisés à toutes les plantes, et ne sont valables que pour les trois espèces étudiées.

Ironie de l'histoire, les organisations écologiques ont depuis le début de cette étude dénoncé par avance sa non représentativité statistique, et ont à plusieurs reprises tenté de saboter cette expérience en arrachant les plantations. Ceci montre que dans le débat à propos des plantes OGM, les arguments tiennent plus souvent de l'affectif que du fait scientifiquement prouvé.

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