Le pollen influence le taux d'infection du coronavirus, chez les allergiques ou non. © Budimir Jevtic, Adobe Stock
Santé

Le pollen augmenterait le taux d'infection au coronavirus

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[EN VIDÉO] Le printemps sonne l'arrivée des allergies au pollen  Si le chant des oiseaux est synonyme d'une période agréable pour la plupart des personnes, il sonne le glas d'une période plus sombre pour 20 à 30% de la population française : la saison des allergies aux graminées. Mais d'où viennent ces allergies ? A quels types de pollen peut-on être allergique ? Et surtout, comment faire pour atténuer voire éradiquer ses symptômes ? Découvrez-le dans cette nouvelle vidéo ! 

La concentration de pollen dans l'air pourrait influencer le taux d'infection du SARS-CoV-2, selon une étude récente réalisée par une équipe internationale de chercheurs.

En 2020, l'épidémie de coronavirus en Chine a pris une dimension mondiale au début du printemps. Est-ce que des facteurs environnementaux comme les températures ou l'humidité ont favorisé son essor ? Une étude parue dans PNAS, menée par des scientifiques allemands, espagnols et américains, propose quelques éléments de réponse à cette question. Selon ce travail, la température, l'humidité et plus particulièrement la concentration de pollen dans l'air influent positivement le taux de d'infection du SARS-CoV-2.

En effet, le pollen est connu pour son pouvoir immunosuppresseur dans les voies respiratoires. Il inhibe la production d'interférons, une composante essentielle de l'immunité anti-virale, facilitant ainsi l'infection par les virus saisonniers respiratoires. Cette hypothèse, qui n'a pas été éprouvée pour le SARS-CoV-2, semble expliquer les observations faites par l'équipe internationale de chercheurs.

Le pollen influe le taux d'infection du coronavirus

Ces derniers ont regroupé les données météorologiques et de quantité de pollen dans l'air dans 31 pays, essentiellement en Europe de mars à avril 2020. À cette période, la quantité moyenne de pollen était de 240 grains par mètre cube d'air. Les scientifiques ont ainsi étudié le taux d'infection du coronavirus alors que l'épidémie était dans sa phase exponentielle, selon quatre variables : une quantité faible et importante de pollen dans l'air, une densité faible et importante de population. Ils ont observé que le pollen augmente le taux d'infection dans les zones faiblement peuplées, et plus encore dans les zones densément peuplées. Ainsi, les régions très peuplées et où la concentration de pollen dans l'air est très importante présentent le taux d'infection le plus fort.

Les chercheurs indiquent dans leur publication que « le pollen est un facteur modulateur de la progression des infections par le SARS-CoV-2, en ajoutant potentiellement entre 10 à 30 % au taux d'infection. » Par exemple, sans confinement, une augmentation de la concentration de pollen de 100 grains par mètre cube d'air augmente de 4 % le taux d'infection du coronavirus. Cette corrélation positive entre le taux d'infection et la quantité de pollen a été observée dans tous les pays analysés, mais n'est statistiquement significative que pour six d'entre eux, dont la France.

Des grains de pollen observés au microscopique électronique. © Lewis Ziska

Un catalyseur de l'infection

Le coronavirus se transmet d'une personne à une autre à la faveur d'un contact rapproché, c'est pour cela que les mesures de confinement ont permis de réduire considérablement le taux d'infection, et avec ces dernières l'effet positif du pollen sur le taux d'infection du virus est bien moindre. Sans contact, il n'y a pas d'infection et le pollen lui-même ne transporte pas de virus. Il agit comme un catalyseur de l'infection en diminuant la réponse immunitaire. Ces résultats sont indépendants de la nature allergène du pollen et sont valables pour l'ensemble de la population, bien que les scientifiques n'aient pas eu accès à l'historique des allergies des personnes atteintes de la Covid-19. L'effet observé ici est probablement amplifié chez les personnes déjà allergiques au pollen ou asthmatiques.

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