Après un fort engouement sur la base d'études in vitro et d'observations durant plusieurs mois, un second essai clinique randomisé testant l'ivermectine chez les patients Covid-19 vient d'être publié. Les résultats sont négatifs et ne surprennent pas la communauté scientifique.

L'hydroxychloroquinehydroxychloroquine vient d'être reconnue inutile contre la Covid-19 par l'Organisation mondiale de la SantéOrganisation mondiale de la Santé. Cette dernière plaide même pour que les études en cours soient stoppées. Depuis quelque temps, c'est une autre moléculemolécule qui a le ventvent en poupe : l'ivermectine. On chante ses louanges un peu partout sur les réseaux sociauxréseaux sociaux en plus du zinczinc et de la vitamine Cvitamine C. Un second essai cliniqueessai clinique randomisé vient d'être publié dans le Journal of American Medicine Association (JAMA). Les résultats sont négatifs.

Pas efficace pour la résolution des symptômes 

Les chercheurs qui ont réalisé cet essai clinique randomisé en double aveugle contre placeboplacebo se sont posé une question simple : quel est l'effet de l'ivermectine sur la duréedurée des symptômessymptômes chez les adultes atteints de Covid-19Covid-19 légers ? Les scientifiques ont recruté 467 patients qui ont été randomisés pour recevoir l'ivermectine (300 μg/kg de poids corporel par jour) pendant 5 jours (200 patients) ou placebo (200 patients). La conclusion de l'expérience est la suivante : le délai médian de la résolution des symptômes était de 10 jours dans le groupe ivermectine par rapport à 12 jours dans le groupe placebo. À 21 jours, 82 % des patients dans le groupe ivermectine avaient des symptômes résolus contre 79 % du groupe placebo. Cette différence n'apparait pas significative après les analyses statistiques.

Les pharmacologues depuis le début de la pandémie, chaque fois qu'un traitement s'avère inefficace. 

Que faut-il en conclure ? 

Si on ne se fiait qu'à cet essai, on ne pourrait rien conclure à cause d'un manque de puissance statistique, de l'effet mesuré sur un seul paramètre (la résolution des symptômes) et divers biais associés à la réalisation de l'expérience que les auteurs n'oublient pas de mentionner dans leur article. Pourtant, grâce à d'autres éléments à notre disposition, nous pouvons éviter d'ensevelir une nouvelle fois la recherche clinique dans la quête d'un traitement dont on sait que la probabilité de devenir un traitement efficace contre la Covid-19 est très faible.

Comme l'énonce dans un post twitter Mathieu Molimard, professeur de pharmacologie au Centre hospitalo-universitaire de Bordeaux, en réaction à la publication de l'étude du JAMA : « Comme prévu, à partir des données de pharmacologie, les concentrations chez l'Homme ne permettent pas d'atteindre les concentrations efficaces in vitro. La pharmacologie est une science ». Il n'avait eu d'ailleurs de cesse de le rappeler dans un de nos articles sur l'hydroxychloroquine et dans un article de nos confrères de Sciences & Avenir.