L'autofluorescence, une méthode simple et rapide pour détecter le diabète et les maladies cardiovasculaires. © Pixabay

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Allez-vous tomber malade ? Une lampe UV permet de le savoir

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Passer sa main sous une lumière fluorescente pourrait bien devenir la nouvelle méthode, simple et bon marché, pour détecter le diabète, les maladies cardiovasculaires et même, la mortalité. Une nouvelle étude vient de confirmer la validité de la méthode et les fabricants commercialisent déjà des appareils.

Plus rapide qu'une prise de sang, moins cher qu'un test ADN, voici le test lumineux qui prédit votre niveau de vieillissement oxydatif et donc, vos chances de contracter une maladie chronique. Son secret : une lampe UV qui mesure le taux d'AGE de la peau. Les AGE (Advanced Glycation End Products ou PTG, en français, Produits Terminaux de la Glycation) sont des protéines glycolées issues d'une réaction chimique entre un sucre réducteur et une protéine. Cette sorte de « caramélisation spontanée » des protéines est semblable à la réaction de Maillard qui se produit lors de la cuisson de certains aliments (pain, chips, biscuits, cacao...).

Une hémoglobine glycolée, issue de la réaction entre un sucre et une lysine. © David S. Goodsell, RCSB PDB

Elle se déroule de façon permanente dans l'organisme et les AGE s'accumulent donc naturellement dans les tissus et les vaisseaux au cours du temps. Mais, chez les personnes diabétiques, elle est accélérée : leur taux d'AGE serait 30 % plus élevé, selon de récentes études. Les AGE sont ainsi à l'origine de la majorité des complications macro et microvasculaires. Outre le diabète, ils sont aujourd'hui mis en cause dans un nombre croissant de pathologies : maladies cardiovasculaires, inflammation chronique, insuffisance rénale, cirrhose hépatique ou même, dépression.

L’autofluorescence cutanée comme méthode de détection

Or, ces fameux AGE possèdent une structure différente et n'ont pas le même niveau d'absorption de fréquence lumineuse. Il est donc possible de les mesurer par autofluorescence en éclairant la peau avec une lumière UV à certaines fréquences. Une méthode validée par de nombreuses études scientifiques. Celle menée par des chercheurs néerlandais, parue de la revue Diabetologia, a suivi plus de 72.000 patients pendant quatre ans. Ils ont ainsi mis en évidence une forte corrélation entre le niveau d'AGE mesuré au début de l'étude et la probabilité de développer un diabète ou une maladie cardiovasculaire. Un taux d'AGE élevé multiplierait même par cinq la probabilité de décès. « L'autofluorescence est une méthode fiable de détection, indépendamment des autres facteurs de risque tels que le poids, les antécédents ou le niveau de glucose sanguin », assurent les auteurs qui encouragent à la généralisation de ce test.

L’AGE Reader mesure le risque de maladies cardiovasculaires, diabète et le vieillissement de la peau en moins de 12 secondes grâce à l’autofluorescence. © Diagnoptics

Une prédiction du risque cardio-vasculaire en moins de 12 secondes

Pour cette étude, les chercheurs ont eu recours à l'appareil AGE Reader de la compagnie néerlandaise Diagnoptics (dont deux des fondateurs font partie des auteurs). Celle-ci commercialise depuis 2006 un appareil grand public pour mesurer son niveau d'AGE. Il suffit de poser son bras sur le lecteur et l'appareil produit un graphique coloré indiquant votre niveau de risque. « Notre lecteur produit une prédiction du risque cardiovasculaire en moins de 12 secondes », assure la compagnie. Diagnoptics vise également le marché de la beauté et de l'anti-âge, les AGE altérant également la qualité de la peau. Ses appareils sont disponibles dans plusieurs pays (dont la France).

Certains experts craignent toutefois qu'une généralisation massive de ces appareils amène à des « faux positifs », alarmant déraisonnablement des personnes en bonne santé et les incitant à suivre des régimes ou à prendre des médicaments inutiles. En France, le dépistage systématique de cancer du sein par mammographie a entraîné un « surtraitement » parfois invasif de tumeurs bénignes qui n'auraient pas évolué vers un cancer. Un diagnostic de ce genre doit donc être accompagné par une consultation médicale et un test sanguin de confirmation. L'examen de référence pour détecter le diabète reste aujourd'hui la glycémie à jeun : on considère qu'il y a diabète lorsque le taux de sucre dépasse les 1,26 g/l.

  • Les AGE sont des protéines glycolées qui indiquent le risque de diabète ou de maladies associées.
    Elles se mesurent avec un simple appareil à UV disponible pour le grand public.
    Ce nouveau test aurait une efficacité similaire ou supérieure aux méthodes actuelles de détection.
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