La prévision de la neige reste très délicate, même avec les progrès des prévisions météo ces dernières années. © vadim_fl, Adobe Stock
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Combien de temps à l'avance peut-on prévoir la neige ?

Question/RéponseClassé sous :hiver , neige , météorologie

Qu'elle soit attendue par certains, ou crainte par d'autres, l'arrivée de la neige en plaine est toujours un événement important l'hiver. Combien de temps à l'avance peut-on espérer avoir une prévision fiable sur l'arrivée de la neige ?

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Si la neige fait la joie de ceux qui sont en vacances, elle est un facteur de risque important sur la route et sa prévision est primordiale pour pouvoir anticiper notre quotidien.

Des prévisions météo fiables à 5 jours maximum

De manière générale, les prévisions météorologiques peuvent être qualifiées de vraiment fiables et précises, sur 4 à 5 jours seulement. La tendance météo est ensuite plus ou moins claire, notamment sur l'évolution des températures, sur 10 à 15 jours. Au-delà de quinze jours, il n'est possible que d'identifier des tendances globales saisonnières basées sur l'influence de l'océan, des glaces de mer et des grands centres d'action dans l'atmosphère. Cela veut dire qu'au delà de quinze jours, on ne peut pas prévoir de la neige sur une zone précise en France.

Cependant, on peut avoir une idée générale des températures moyennes sur le mois à venir et éventuellement sur le contexte météo, qui s'annonce perturbé ou pas. Les prévisions à long terme sont présentées sous forme de probabilités sur les tendances (plus chaud ou plus froid, plus sec ou plus humide). Et surtout, au delà de 3 mois, elles sont très peu fiables, voire absolument pas fiables. Pour avoir une image un peu plus claire de la tendance globale de l'hiver, qui débute officiellement le 21 décembre, il faut en général attendre le mois de novembre. 

Et ce n'est ensuite qu'à partir de mi-décembre que les météorologues prévisionnistes peuvent commencer à avoir un début de réponse à la question capitale : « Y aura-t-il de la neige en plaine à Noël ? ». Quatre à cinq jours avant le 25 décembre, la réponse s'affine sur un éventuel risque. Mais, pour ce qui est de la localisation des chutes de neige, sur une ville précise en plaine comme Paris, ce n'est qu'une seule journée avant, voire même quelques heures avant, que la réponse peut être claire. Les trajectoires des perturbations peuvent en effet toujours dévier de quelques kilomètres au dernier moment. 

New York, aux États-Unis, sous une tempête de neige. © janifest, Adobe Stock

Prévoir la neige à long terme en regardant vers l'Atlantique  

En ce qui concerne le long terme (1 à 3 mois), il faut prendre en compte les ingrédients nécessaires à l'arrivée de la neige, c'est-à-dire l'association d'un temps froid avec un temps humide et perturbé. 

Pour cela, les météorologues étudient l'Oscillation Nord Atlantique (NAO), une différence de pression entre deux points de l'Atlantique. Ce phénomène climatique a une influence sur l'hiver, car il détermine le positionnement et la trajectoire des dépressions de l'hémisphère Nord. Et pour avoir une situation à neige, il faut des perturbations qui se trouvent confrontés à l'air froid : en France, les flux de sud-ouest, de nord-ouest, de nord-est, mais aussi les retours d'est sont des situations qui peuvent entraîner de la neige lorsque ces flux perturbés rencontrent une masse d'air froid.

L'indice NAO varie de novembre à avril et peut être dans une phase positive ou dans une phase négative : un indice positif est associé à une « circulation zonale », avec des hivers généralement doux, humides et favorables aux tempêtes en Europe du Nord ; un indice négatif, moins fréquent ces dernières années, est à l'inverse associé à des hivers froids et neigeux sur l'Europe du Nord.

C'est en grande partie avec cet indice, et d'autres paramètres climatiques, que les météorologues et supers-calculateurs tentent de déterminer si l'hiver à venir sera plutôt neigeux en plaine, ou pas. Concrètement, l'indice NAO a été plutôt positif des années 1990 aux années 2000 environ, avec des hivers plutôt doux et un déficit important de neige dans les Alpes. L'Oscillation a ensuite rebasculé dans une phase souvent négative de 2001 à 2011, donnant lieu à des vagues de froids historiques l'hiver et des chutes de neige abondantes en plaine, notamment en 2010-2011. Ces dernières années, la tendance a, à nouveau, basculé vers un indice souvent positif, avec des hivers plutôt doux, et très peu neigeux en plaine.   

Il faut cependant toujours garder à l'esprit que ces prévisions à long terme sont encore au stade de la recherche scientifique et que leur fiabilité est donc limitée. Pour connaître le risque de neige sur sa ville, il convient de consulter la météo une semaine avant, puis régulièrement jusqu'au dernier moment, tant cette prévision est délicate. 

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