La commune alsacienne de Marmoutier, blottie aux pieds des Vosges, tente de préserver un patrimoine arboré exceptionnel. Même si de nombreux cormierscormiers ont malheureusement disparu, remplacés par une agricultureagriculture dévorante, il reste encore beaucoup de ces vieux arbresarbres, 36 exactement, autrefois rassemblés en vergers de production. L'un d'entre eux est particulièrement spectaculaire, dépassant les 3,50 mètres de circonférence et les 250 ans d'âge. L'utilisation des fruits distillés pour produire du schnaps ne permet pas d'expliquer les nombreux cormiers autour de Marmoutier. Il est probable que le boisbois de cormier a servi pour les tablettestablettes d'imprimerie des moines de l'abbaye voisine, qui s'étaient spécialisés dans cette activité. Une association locale, « Le bonheur est dans le pré », agit au quotidien pour préserver ce riche patrimoine arboré.

Ce cormier, en raison de ses dimensions, de sa taille et de sa grande beauté, a été labellisé « Arbre remarquable de France », en 2016. Le Cormier ou Sorbier domestique (Sorbus domestica L.) est un arbre de plus en plus rare, il est considéré comme une espèceespèce en danger en Suisse et en Autriche. Il fait partie de la famille des Rosacées. Contrairement au sorbier des oiseleurssorbier des oiseleurs, cet arbre est une espèce méridionale, originaire du Sud de l'Europe puis, qui s'est dispersée dans le reste de notre continent sous la Rome antique. Autrefois, le cormier était cultivé en tant qu'arbre fruitier, ses cormes étant particulièrement appréciées. Les Romains les faisaient fermenter pour en tirer une boisson ressemblant au cidre. Son bois, très dur et au grain compact, est employé pour réaliser des gravuresgravures et dans la fabrication des manches d'outils et des outils de traçage.

© Georges FetermanGeorges Feterman, Futura