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Le nombre optimal de descendants déposés par hôte

Dossier - Les insectes au secours de l'environnement
DossierClassé sous :zoologie , écologie , parasitoïdes

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La lutte contre des insectes ravageurs des cultures humaines a constamment représenté un défi important de toute activité agricole sur l’ensemble de notre planète. A cet égard, la découverte et la production de pesticides a connu une ascension triomphante mais il existe un autre moyen de lutte plus respectueux de l’environnement et moins susceptible de générer les angoisses du public car il évite l’épandage de pesticides chimiques.

  
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Une femelle parasitoïde qui vient de rencontrer un hôte doit « décider » combien de descendants elle doit y pondre. Depuis des décennies les chercheurs savent que cette décision est fortement liée à la taille de l'hôte attaqué : de gros hôtes permettront le développement d'un nombre plus important de descendants, et les femelles y pondent effectivement plus d'œufs que dans des hôtes de plus petite taille. Cette question, qui a été également formalisée par la modélisation mathématique, peut aussi se produire lorsque la femelle parasitoïde rencontre un hôte qui a déjà été attaqué soit par elle-même soit par une autre femelle.

Dans ce cas, la décision concernant le nombre d'œufs supplémentaires à y pondre (décision qualifiée de « superparasitisme ») relève des mêmes mécanismes décisionnels, et se prête donc à la même formalisation mathématique. Dans ce contexte également, de nombreux travaux expérimentaux montrent encore une fois que les femelles suivent assez bien les prédictions théoriques issues de la modélisation.

Femelle de l’espèce Anaphes victus s’attaquant à un œuf du charançon Listronotus oregonensis © Guy Boivin, Agriculture Canada, Saint-Jean-sur-Richelieu, Québec, Canada.

 Femelle de l’espèce Anaphes victus s’attaquant à un œuf du charançon Listronotus oregonensis
© Guy Boivin, Agriculture Canada, Saint-Jean-sur-Richelieu, Québec, Canada.

Dans la plupart des cas, la viabilité et la longévité de la descendance produite décroisent avec l'augmentation du nombre de parasitoïdes immatures se développant dans chaque hôte, principalement en raison des effets de la compétition. Dans le cas des élevages industrielles de parasitoïdes pour des lâchers inondatifs et saisonniers, cette baisse de viabilité et de longévité des insectes produits peut s'avérer mettre en péril l'efficacité du traitement biologique de la culture à protéger.

Ainsi, ici aussi, une compréhension fine des mécanismes comportementaux en œuvre dans la décision du nombre de descendants déposés par hôte par les femelles parasitoïdes s'avère primordiale, au moins pour définir des conditions précises d'élevage en masse des insectes qui seront relâchés sur le terrain.