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Les insectes parasitoïdes, des animaux aux mœurs écologiques particulières

Dossier - Les insectes au secours de l'environnement
DossierClassé sous :zoologie , écologie , parasitoïdes

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La lutte contre des insectes ravageurs des cultures humaines a constamment représenté un défi important de toute activité agricole sur l’ensemble de notre planète. A cet égard, la découverte et la production de pesticides a connu une ascension triomphante mais il existe un autre moyen de lutte plus respectueux de l’environnement et moins susceptible de générer les angoisses du public car il évite l’épandage de pesticides chimiques.

  
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Les parasitoïdes sont des insectes ayant un mode de reproduction particulier. Les stades immatures (i.e., situés avant le stade adulte : les stades larvaires, la nymphe) se développent aux dépens d'autres arthropodes (le plus généralement d'autres insectes) dont ils consomment les tissus pour leur alimentation et leur développement. Dans la grande majorité des cas, ceci conduit à la mort de l'hôte. Contrairement aux stades immatures, les adultes sont en revanche libres dans le sens où leur développement et leur survie ne dépendent pas directement d'un autre organisme. Sur le plan écologique, la seule fonction de la femelle adulte, accouplée ou non, est de trouver de nouveaux hôtes pour y déposer une descendance.

Femelle de l’espèce Lysiphlebus testaceipes attaquant des pucerons de l’espèce Aphis gossypii © INRA Sophia Antipolis

Ce fonctionnement biologique se situe entre le parasitisme et la prédation, ce qui justifie l'usage du mot «parasitoïde».

Sur le sens strictement zoologique, ces insectes ne sont en effet pas de vrais parasites car ils tuent leurs hôtes dans pratiquement tous les cas. Ce ne sont pas non plus de vrais prédateurs car la mortalité des hôtes est ici directement liée à la capacité de recherche d'un seul stade (i.e., la femelle adulte) et il existe dans ce cas seulement un lien direct entre le nombre d'hôtes attaqués par chaque femelle et le nombre de descendants qu'elle produit. Ils peuvent être trouvés au sein de pratiquement tous les écosystèmes terrestres, et présentent une incroyable diversité biologique et écologique.

Femelles de l’espèce Trichogramma brassicae attaquant des œufs du papillon Ostrinia nubilalis © INRA Sophia Antipolis

La majorité des parasitoïdes appartient à l'ordre des Hyménoptères et des Diptères. La moitié des espèces Hyménoptères décrites sont des parasitoïdes, soit environ 60 000 espèces. Plus de 15 000 espèces de parasitoïdes sont des Diptères et environ 2000 espèces appartiennent à d'autres ordres. Les parasitoïdes se sont adaptés à une très grande variété d'hôtes. En règle générale, les œufs et les larves d'autres insectes sont le plus couramment utilisés comme hôte. Le nombre d'espèces pouvant être infestées par un parasitoïde est variable. Certaines espèces parasitoïdes peuvent parasiter plusieurs dizaines d'espèces (parasitoïdes dit «généralistes») alors que d'autres espèces présentent un spectre d'hôtes réduit (parasitoïdes dit «spécialistes»). Les parasitoïdes peuvent se développer à l'intérieur (on parle d'« endoparasitoïdes ») ou à l'extérieur («ectoparasitoïdes») de leur hôte et ils sont soit «solitaires» (l'hôte permet le développement d'un seul individu) soit «grégaires» (plusieurs individus peuvent émerger d'un hôte).

Femelle de l’espèce Telenomus busseolae attaquant des œufs du papillon Sesamia nonagrioides © Stefano Colazza, Université de Palerme, Italie.