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Le contrôle des populations de chenilles processionnaires du pin

Dossier - La chenille processionnaire du pin
DossierClassé sous :zoologie , Nature , chenille

La chenille processionnaire du pin est un des plus grands ravageurs forestiers en France mais aussi sur l'ensemble des pays méditerranéens. Elle provoque un ralentissement de la croissance de l'arbre, une vulnérabilité plus forte aux maladies et aux autres ravageurs des forêts.

  
DossiersLa chenille processionnaire du pin
 

Afin de contrôler les populations de chenilles processionnaires du pin, des traitements insecticides microbiologiques sont employés. Mais il existe bien d'autres solutions, comme le recours à une phéromone sexuelle, aux mésanges, ou encore la lutte mécanique.

Le contrôle des populations de chenilles processionnaires du pin peut passer par des traitements aériens à base de BtK. © Kelly Marken, Fotolia

La lutte biologique

  • Les traitements aériens à base de BtK

Les traitements insecticides microbiologiques à base de Bacillus thuringiensis kurstaki (BtK) sont les plus employés contre la processionnaire du pin. La cible est la chenille qui ingère le produit présent à la surface des feuilles, ce qui provoque sa mort.

Figure 8 : pulvérisation d'un produit à base de BtK. © DR

L'application du produit se fait généralement par traitement aérien au cours des premiers stades larvaires (figure 8). Ce traitement est respectueux de l'environnement puisqu'il ne persiste que très peu après application et il a une spécificité d'action (lépidoptères).

  • L'utilisation des phéromones sexuelles

La pityolure, phéromone sexuelle émise par la femelle, peut être recréée artificiellement.

Piège à phéromone. © DR

Cette phéromone de synthèse est utilisée par diffusion à l'intérieur de pièges pour un piégeage massif des mâles ou un suivi de population, « le monitoring ». Elle peut aussi être employée sans piège, pour la confusion sexuelle.

Piège delta à glu. © DR
  • La prédation par les mésanges

Les mésanges sont des oiseaux sédentaires qui se nourrissent d'insectes, dont la processionnaire du pin (figure 9). L'utilisation de cette interaction comme moyen de lutte se fait en facilitant l'implantation des mésanges par des nichoirs.

Figure 9 : nid attaqué par les mésanges. © DR

La lutte mécanique ou échenillage

Cette technique est utilisée sur de petites surfaces dans les parcs et jardins. Elle consiste à prélever les pontes, les pré-nids et les nids d'hiver à l'aide d'un sécateur ou d'un échenilloir (sécateur au bout d'un mât). Le tir au fusil est parfois utilisé. Les nids prélevés sont incinérés.

La lutte sylvicole

Des espèces d'arbres non sensibles à la processionnaire peuvent être plantées. La diversité des essences forestières réduit généralement la colonisation par la processionnaire du pin.

La disparition de la lutte chimique

La lutte chimique se limite de nos jours à des opérations de faible ampleur ou de rattrapage. L'insecticide alors utilisé est le diflubenzuron (régulateur de croissance, il perturbe le développement larvaire).