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Le sud des Alpes…

Dossier - Minéralogie des Alpes françaises - Mythe et fascination
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Depuis des temps immémoriaux, les « cristaux » ont été recherchés dans les Alpes, nous vous proposons une promenade à travers les principaux sites, en s'attardant tout particulièrement sur les sites sources de spécimens parmi les meilleurs au monde.

  
DossiersMinéralogie des Alpes françaises - Mythe et fascination
 

En haute vallée du Var, dans les gorges de Daluis, les anciennes mines du dôme de Barrot ont produit une exceptionnelle minéralogie. En effet, pas moins de six espèces nouvelles depuis moins de 10 ans ont été identifiées.

De plus, de très beaux spécimens de cuivre natif y ont été découverts, notamment lors de l'activité minière de la fin du XIXème siècle, plus particulièrement aux indices de Roua.

Fluorite (fluorine) - massif du Mont-Blanc, Chamonix, Haute-Savoie. Collection Eric Asselborn - Reproduction et utilisation interdites © Photo : Jeffrey Scovil

Dans les Alpes de Haute-Provence, à Saint-Pons, d'importantes lentilles de sidérite contenues dans des marnes callovo-oxfordiennes contiennent une minéralisation sulfurée.

Quartz sur sidérite - Mine d'Allevard, Isère - Collection Multiaxes - Reproduction et utilisation interdites © Photo : Louis-Dominique Bayle - Revue Le Règne Minéral

Vers la fin des années 1980, de fabuleuses découvertes de rares sulfosels de plomb et de cuivre ont été faites. Les meilleurs spécimens connus de chalcostibite sont découverts, de même que de très bons spécimens de zinkénite et dadsonite, Saint-Pons étant la cinquième référence mondiale pour l'espèce (pour ces deux espèces deux à trois autres gisements peuvent faire jeux égal en terme de qualité). Plus classique, la paragénèse comprend également de la bournonite, de la boulangérite et de la tétraédrite.

Vers Allos, au sud de Barcelonnette, dans les Alpes de Haute-Provence, plus particulièrement dans la haute vallée du Verdon, les terrains sédimentaires préalpins (souvent crétacé inférieur à oligocène), souvent des flyschs, recèlent de bonnes surprises : dans les fissures des calcaires, des grès et des marnes, de splendides et parfois volumineux quartz « fenêtres » à inclusions d'hydrocarbure. L'ouverture des fentes est de l'ordre de quelques centimètres, et exéde rarement les dix centimètres.

Ferro-axinite - "Bachaboulou", Chamrousse, Isére - Collection Eric Asselborn - Reproduction et utilisation interdites © Photo : Jeffrey Scovil

Ce type de cristallisation se retrouvent en Isère vers Grenoble, notamment à Pontchara, en Haute-Savoie dans le massif des Aravis et les falaises du désert du Platé, ou encore en Suisse dans le val d'Illiez.

Aux mines de « charbon » de La Mure, aujourd'hui fermées, à la fin des années 1970, les travaux ont recoupé des fissures « alpines » riches en minéralisation.

Quartz à âme - Le Noirey, Maurienne, Savoie - Collection Eric Asselborn Reproduction et utilisation interdites © Photo : Jeffrey Scovil

Notamment, de fantastiques spécimens de sphalérite souvent rouge vif, de bournonite (2/3 cm, généralement d'un beau noir brillant), de tétraédrite (record à environ 5/6 cm d'arêtes), de sidérite miel à blonde, parfois aux reflets verdâtres, de grandes dimensions, en lamelle ou rhomboèdre, de boulangérite, de dolomite (jusqu'à 7/8 cm d'arêtes) ont été sorti par les mineurs et acquis avec vivacité par les collectionneurs privés et parfois publics. Malheureusement, la plupart des minéralisations n'ont pu être prélevées, celles-ci gisent à jamais aux tréfonds de la terre, nul n'en profitera jamais, l'exploitant minier n'ayant pas jugé utile d'organiser une collecte rationnelle (ce qui se fait dans de nombreuses mines de part le monde, sauf en France !).