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Site classé pour son parc historique de 22 hectares, Marqueyssac, en Dordogne, offre, autour d'un château du XVIIIe siècle, plus de 6 kilomètres de promenades ombragées, bordées de 150.000 buis centenaires taillés à la main et agrémentées de belvédères, rocailles, cascades et théâtres de verdure.

  
DossiersAquitaine : les jardins suspendus de Marqueyssac
 

Du puy de Sancy au bec d'Ambès, la Dordogne a un cours de près de 500 kilomètres. Ce fleuve s'unit à la Garonne, dont il égale presque la puissance et forme avec elle la Gironde.

C'est au Crétacé supérieur que s'est formé le calcaire d'un beau jaune d'or typique de la région de Marqueyssac et du Sarladais. Cette couleur est due aux oxydes de fer contenus dans les carbonates. Plus l'oxydation est forte, plus la couleur fonce (jaune, rouge, marron).

Depuis des millions d'années, les eaux de la Dordogne qui descendent du Massif central font rouler à chaque crue les galets de granite du Limousin sur le calcaire tendre. Elles ont creusé ainsi les méandres de la rivière entre Souillac et Beynac dont le tracé sinueux résulte de la nature des roches et de la pente.

Lorsqu'elle passe à Marqueyssac, la Dordogne est dans sa phase périgourdine. Elle est beaucoup plus calme que dans sa phase quercynoise et commence à déployer ses méandres en traversant des plaines alluviales cultivées qu'elle a peu à peu façonnées en se cognant de chaque côté de la falaise.

Gabare sur le fleuve Dordogne. © JLPC, CC by-sa 3.0

Histoire du fleuve Dordogne

Il y a peu de temps encore, l'activité marchande de la Dordogne était intense. Jusqu'à l'arrivée du chemin de fer en 1884, les flottilles venues d'Argentat transportaient du bois, des fromages et des peaux brutes. Les bateliers de La Roque-Gageac et de Castelnaud allaient s'approvisionner en merrain (bois de chêne débité en planches pour la tonnellerie) jusqu'en Limousin et en acheminaient une partie à Bergerac. Ils descendaient jusqu'à Libourne les vins de Domme et de Daglan, des châtaignes, du blé, du seigle et des grains de genièvre.

À la remonte, la Dordogne n'était navigable que jusqu'à Souillac. On transportait du sel, des poissons séchés et des produits des îles comme le café ou le sucre. Sous Louis XV, près de 800 bateaux de sel passaient chaque année sous Domme. Le halage à la remonte utilisait des attelages de bœufs mais, faute de bœufs, il se faisait à la force des bras. Cet usage fut interdit en 1837.

Débit et barrages

Le débit de la Dordogne varie avec les saisons puisqu'il est alimenté par les eaux de pluies, fréquentes en hiver et au printemps, et par la fonte des neiges du plateau de Millevaches et des monts d'Auvergne. Celles-ci déclenchent très souvent des crues impressionnantes, qui, au fil de l'histoire, ont pu être peu à peu mieux contrôlées grâce à la construction de barrages comme ceux de Bort, du Chastang ou d'Argentat.

La ville d'Argentat tient d'ailleurs son nom de ces embarcations à fond plat (que l'on appelait aussi jadis des « gabares ») utilisées jusqu'au siècle dernier par des mariniers. Avec sa coque ventrue, la gabare était adaptée aux conditions fluvio-maritimes de l'estuaire de la Gironde. Aujourd'hui, des gabares descendent toujours le fleuve ainsi que des flottilles de canoës.