Planète

Situation géographique et ascensions

Dossier - L'Aiguille du Midi
DossierClassé sous :géographie , alpinisme , Mont Blanc

-

Monde mythique et secret, réservé aux amateurs éclairés, la haute montagne a toujours fasciné, même si maintenant on peut y accéder en téléphérique. Cette escapade veut rendre hommage aussi aux guides qui ont fait l’histoire de l’alpinisme. Je vous invite donc à faire un tour à Chamonix... embarquement pour l'aventure !

  
DossiersL'Aiguille du Midi
 

Le sommet Nord de l'aiguille du Midi a été gravi le 4 août 1818 par A. Malczewski, J.M. Balmat et 5 autres guides. Ce n'est que le 5 août 1856 que le sommet Sud (point culminant) a été atteint par J.A. Devouassoux, A. et J. Simond.

Paysage de l'Aiguille du midi. © Kanenori, Pixabay, DP

- Altitude 3 842 m
- Latitude 45° 52' 43" N
- Longitude 6° 53' 14" E
- France -  Massif Mont-Blanc

Aiguille du Midi

Jacques Balmat dit Mont Blanc (1762 - 1834). Chasseur et cristallier, il réussit la première ascension du mont Blanc en compagnie de Paccard, le 8 août 1786. En redescendant les 2 hommes apprirent la mort Judith, la fille de Balmat. Cette ascension permit à Balmat de gagner la récompense promise par Horace-Bénédict de Saussure. Le 2 août 1787, accompagna de Saussure au mont Blanc.

Le roi de Sardaigne, du Piémont et de la Savoie, l'autorisa à s'appeler Jacques Balmat dit le Mont Blanc. Le guide disparut alors qu'il cherchait un filon d'or... On n'a pas retrouvé son corps. Le guide Roger Canac lui a consacré une biographie en 1986, puis Jean-Pierre Spilmont en 2002.

Aiguille du Midi face Sud

1 - Un peu de géologie

Le massif du Mont blanc dont fait partie l'Aiguille du Midi est un massif de granite qui appartient aux « massifs cristallins externes septentrionaux » des Alpes (d'après http://www.geol-alp.com/index.html). Maurice Gidon, est l'auteur de ce site sur la géologie des Alpes, ancien enseignant-chercheur, et professeur de géologie à l'Université de Grenoble. Pour ceux que la géologie des Alpes Françaises intéresse, c'est une mine de renseignements.

Le massif du Mont-Blanc a, globalement, la forme d'une coupole allongée NE-SW ; c'est du socle cristallin. Malgré les entailles profondes du relief, l'enveloppe suit la forme ellipsoïdale de la pénéplaine anté-triasique. Cette dernière s'enfonce sous la couverture sédimentaire des bordures, de sorte qu'on voit un anticlinal culminant au Mont-Blanc et plongeant axialement sous le Valais au nord et sous le Beaufortain au sud.

Cliquez pour agrandir - Carte géologique simplifiée du massif

2 - La faille de l'Angle

Dans le massif du Mont-Blanc, elle est la plus importante des failles. Elle partage le socle cristallin en deux bandes parallèles, inégales, passe un peu à l'ouest du sommet du Mont-Blanc. Cette faille a un grand pendage vers l'est (presque vertical). Au nord du sommet du Mont-Blanc, elle met en contact les deux ensembles de roches qui constituent le socle cristallin du massif :

- la masse principale du massif, le granite forme les hauts sommets de la crête
- le rameau occidental, orthogneiss clairs, avec les crêtes plus secondaires qui se détachent en direction de la vallée de Chamonix.

Au sud du sommet du Mont-Blanc, la faille se poursuit au sein des gneiss, sous forme d'une bande de mylonite de roches cristallines et se raccorde, par la dépression des Lacs Jovet, à la faille du col du Bonhomme....

3 - Un peu de montagne avec les voies de l’Aiguille :

- L'éperon Seigneur. Yannick Seigneur a inauguré trois éperons sur huit que compte le versant nord.
- L'éperon Frendo fut le premier gravi en 1941, avec René Rionda. C'est la voie sure, classique.

- L'éperon Boniface-Nominé, tous deux tués lors de leur tentative d'ascension. Monaci et Chéré en firent la première en 1974
- La première hivernale de l'éperon de l'EHM par Yannick Seigneur, en 1966, (avec Michel Feuillarade).
- L'éperon jumeau (sous entendu du précédent !) fut vaincu par Pierre Dussauge et Jean-Jacques Prieur, en 1971.
- L'éperon Tournier a été gravi pour la première fois en 1944 par Morin, Tournier et Caux.
- Les trois itinéraires les plus fréquentés: la voie Mallory (1919), l'éperon Frendo et l'éperon Tournier.

Mais on peut faire plus facile dans la région avec la  Compagnie des Guides de Chamonix dont la fête a lieu chaque 15 août

- le tour du Mont Blanc par exemple (dont vous avez plusieurs références et agences sur le net) nécessite une très bonne condition physique, un peu de temps... mais pas de prouesses de haute montagne !
- une foule d'excursions dans la région, pour tout le monde, tous les degrés et tous les temps, été comme hiver.

Tour du Mont Blanc - © Carte Claude Mansiot

4 - Gaston Rebuffat

Son nom résonne comme un exemple. Il a laissé une image : l'homme aux cheveux en brosse, dégingandé, à la voix particulière, au pull-over jacquard...

Gaston Rebuffat

Il défendait ses valeurs : le dépassement de soi, le respect et l'amour de la nature, des grands paysages, le partage de la cordée. Il a dépassé 1000 ascensions et vaincu tous les grands sommets européens. Ses plaisirs, il les a partagés grâce à ses livres, ses films et ses photos. Il est né le 7 mai 1921 à Marseille et fait ses premières escalades dans les Calanques ... suivies des faces nord mythiques : les Grandes Jorasses, le Cervin et l'Eiger, le Piz Badile. En 1942, à 21 ans, il intègre la Compagnie des Guides de Chamonix, et il écrit son premier livre, "l'Apprenti Montagnard".

La Rebuffat Baquet de l'Aiguille

En 1950, il fait partie de l'Expédition française de l'Annapurna: le 1er sommet de 8000 mètres jamais escaladé en Himalaya !
De nombreuses œuvres, 19 livres dont :
- Du Mont-Blanc à l'Himalaya,
- Mont-Blanc Jardin Féerique,
- Les 100 plus belles courses...
Et les films :
- A la rencontre du soleil pour la télévision,
- Etoiles et Tempêtes
- les Horizons gagnés,

Décoré Officier de la Légion d'honneur en 1984, Gaston Rébuffat décède en 1985.

D'autres guides de l'Ecole de Chamonix furent de très grands alpinistes, ils ont fait littéralement l'histoire de Chamonix, par exemple :

Louis Lachenal,
Walter Bonatti,
Gaston Frison Roche (qui aimait aussi beaucoup le désert),
Lionel Terray (En 1965, avec son ami Marc Martinetti, Lionel Terray fait une chute mortelle au Gerbier dans le Vercors. Il laisse un ouvrage remarquable au titre ô combien évocateur : "Les conquérants de l'Inutile". Cet ouvrage est incontournable.
Maurice Herzog

Et d'autres que j'ai oubliés : cela fait quand même longtemps maintenant, mais ces gens étaient des amis de mon oncle et des personnages qui m'ont fait rêver comme tous les jeunes de l'époque qui aimaient la montagne !