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Fleur et sexualité : la reproduction des plantes

Dossier - Les fleurs et leur vie sexuelle de A à Z
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La fleur constitue un système biologique unique par ses modes singuliers de floraison et de reproduction. Sans la vie sexuelle des fleurs, il n’y a ni graine, ni fruit. N'oublions pas que plus des trois quarts de nos productions agricoles sont issues du bon fonctionnement de la sexualité des fleurs.

  
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La découverte d'une sexualité chez les plantes a bouleversé la botanique. S'appuyant sur la découverte de Camerarius, le naturaliste Carl von Linné, que certains nommaient aussi le second Adam, décida d'utiliser le sexe comme principe classificateur, notamment le nombre d'étamines.

Les fleurs ont une sexualité. Ici, la grande astrance (Astrantia major), une plante à fleurs. © Uoaei1, CC by-nc 4.0

Carl von Linné opposait les plantes à mariages publics, celles portant des fleurs et des sexes visibles, aux plantes à mariages clandestins, comme les mousses et les fougères, où les sexes ne sont pas apparents.

La démonstration du lien entre fleur et sexualité à l’aide d’expériences de castration a été réalisée, par le médecin et botaniste allemand Rudoph Camerarius, pour la première fois en 1694, chez le Ricin (Ricinus communis L., famille des Euphorbiacées), où fleurs mâles et femelles sont séparées. Il démontra ainsi que l’étamine correspondait au sexe mâle et le pistil au sexe femelle. Pour obtenir des fruits et des graines, les deux sexes étaient nécessaires. © Christian Dumas - Tous droits réservés

La reproduction sexuée chez les végétaux

Sa classification rapidement adoptée en Europe fit grand scandale à l'époque où il comparait l'étamine de la fleur au pénis et le stigmate à la vulve ; il lui fut reproché un esprit de luxure et son système sexuel considéré comme lubrique fut condamné par nombre de ses contemporains.

Amborella trichopoda, espèce considérée comme la plus primitive des plantes à fleurs actuelles. Arbustive et dioïque, elle est endémique de Nouvelle-Calédonie ; c’est l’espèce unique d’un genre unique de la famille des Amborellacées. © Christian Dumas - Tous droits réservés

Néanmoins, Linné fut l'un des premiers à souligner l'importance de la reproduction sexuée chez les végétaux. La classification moderne bénéficie des avancées de la biologie moléculaire.

Celle-ci, couplée à l'informatique, a remis en cause la classique distinction entre mono- et dicotylédones et mis en évidence trois grandes catégories selon la reproduction (travaux du consortium APG, Angiosperm Phylogeny Group, publiés depuis 1997) :

  • les Dicotylédones primitives comme Amborella (voir photo ci-dessus) ;
  • les Monocotylédones (comme les graminées) ;
  • les Eudicotylédones (comme Arabidopsis).