Anaël GORGE, Sébastien GUECHOT, Robin RERAT

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TIPE 2001-2002 La drosera est une plante carnivore qui utilise un piège dit « semi-actif ». Elle capture ses proies à l'aide d'un piège redoutable qui combine des poils collants et un repliement de son limbe. L'association de ces structures (intervenant également dans la digestion) et de la forme du piège permet une capture efficace des insectes. Ce TIPE essaie de décrire les structures du piège chez Drosera capensis et leurs fonctions respectives lors de la capture de l'insecte.

  
DossiersLes différents mécanismes intervenant lors de la capture chez Drosera Capensis
 

Les observations et expériences que nous avons réalisées montrent que 3 structures interviennent dans la capture : le mucilage, le poil et le limbe et permettent de mieux comprendre la qualification de « semi-active » donnée au piège de la drosera. Dans un premier temps, les tentacules et le mucilage secrété agissent de façon passive en engluant l'insecte. Dans un second temps, le limbe et les poils sont animés d'un mouvement par tactisme, c'est le phénomène actif. Il a deux rôles essentiels : tout d'abord il permet d' assurer la capture, puis il prépare le processus de digestion en dirigeant la proie au milieu du limbe où se situent les poils axiaux et leurs glandes digestives (3) et en augmentant de façon significative la surface en contact avec l'insecte. D'où une meilleure efficacité dans l'absorption des produits de la digestion. Enfin cela limite les pertes de liquide nutritif.

Drosera capensis est une merveille de l'évolution. Cette plante carnivore a développé un piège alliant efficacité et minimum énergétique : ? elle capture des insectes de taille importante relativement à son gabarit. ? les échecs sont limités en nombre. ? elle limite les dépenses énergétiques grâce à un piège en grande partie passif (6).

Ce travail ouvre d'autres perspectives de recherche. Par exemple la détermination des substances chimiques qui stimulent le repliement du limbe ou encore une étude comparée avec le piège « semi actif » de la pinguicula, plante carnivore, qui présente une surface collante sans poils et dont les captures se limitent à de petites proies (moucherons.).

Glossaire :

Acaule : se dit d'une plante dont la tige n'est pas apparente.
Madéfier : rendre humide, humecter, mouiller.
Mucilage : substance présente chez de nombreux végétaux, et qui se gonfle au contact de l'eau en donnant des solutions visqueuses.
Protéolytique : de la protéolyse, lyse (désorganisation, destruction) des substances protéiques complexes.
Tactisme : attraction ou répulsion provoquée par certains facteurs de l'environnement entraînant une prise d'orientation et une réaction de locomotricité chez les espèces animales.
Tourbière : marécage acide à sphaignes, hypnes, droséra, etc., où se forme la tourbe.

Bibliographie :

(1) Jacobs E.P. In : Black et Mortimer, L'énigme de l'Atlantide. 1998, p.44-45
(2) Mazlik P. Digestion végétale, de l'hétérotrophie à la prédation. In : Encyclopaedia Universalis, 1984 ; corpus 6, p.218-220.
(3) www.snv.jussieu.fr/bmedia/carnivore
(4) Marinoni C. Plante carnivore, coupe-gorge de charme, Terre sauvage, 1987 ; n° 9, p.28-41.
(5) Baffray M. Nature et culture des plantes carnivores, Edisud, 1989, p.26-33
(6) Luttge U. Les plantes carnivores. La Recherche, 1985 ; n° 171, p.302-1313.

Remerciements :

Nous tenons à remercier les personnels des Serres d'Auteuil pour nous avoir permis d'expérimenter dans leurs locaux et d'utiliser leurs droseras, tout particulièrement Monsieur Taupin, responsable de la serre chaude des plantes carnivores et les jardiniers des serres chaudes.