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Déclenchement du repliement du limbe lors de la capture

Dossier - Les différents mécanismes intervenant lors de la capture chez Drosera Capensis
DossierClassé sous :botanique , plante , carnivore

Anaël GORGE, Sébastien GUECHOT, Robin RERAT

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TIPE 2001-2002 La drosera est une plante carnivore qui utilise un piège dit « semi-actif ». Elle capture ses proies à l'aide d'un piège redoutable qui combine des poils collants et un repliement de son limbe. L'association de ces structures (intervenant également dans la digestion) et de la forme du piège permet une capture efficace des insectes. Ce TIPE essaie de décrire les structures du piège chez Drosera capensis et leurs fonctions respectives lors de la capture de l'insecte.

  
DossiersLes différents mécanismes intervenant lors de la capture chez Drosera Capensis
 

Les observations réalisées durant la capture nous amène à supposer que deux facteurs peuvent déclencher le repliement : une stimulation mécanique des poils, engendrée par le débattement plus ou moins important de la mouche, une stimulation chimique liée à la composition de l'insecte.

1 - Origine chimique du repliement du limbe ?

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On dépose un morceau de plastique (matière inerte), de masse et de forme comparables à celles d'une mouche sur un limbe déplié. Après une semaine, le moindre repliement n'est toujours pas observable (Fig.13)

Fig.13 : un leurre remplace la mouche. (x0,5)

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Protocole : à t = 0 nous déposons délicatement un insecte fraîchement mort (mouche décapitée au scalpel qui n'a plus aucun mouvement) sur un limbe déplié de Drosera capensis.

Résultats : à t = 15, t = 30, t = 60, t = 180 min (ce qui représente deux fois la durée moyenne d'une capture) aucun phénomène de repliement n'est constaté. Après 12 heures, on constate que le limbe s'est replié autour de la mouche et que la digestion a commencé (mouche madéfiée).

Interprétation : tous stimuli d'origine mécanique dus à l'insecte ayant été écarté, le repliement du limbe est donc provoqué par des stimuli chimiques.

Remarque : le repliement du limbe intervient très tardivement par rapport à la capture proprement dite (une demi-journée) alors que pour un insecte vivant le phénomène est terminé au bout de 90 minutes. On peut donc avancer l'idée que l'enroulement du limbe autour de l'insecte a ici une fonction digestive.

2 - Origine mécanique du repliement ?

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Protocole : on stimule artificiellement le piège avec une fine pointe de pinceau car c'est un objet capable de reproduire le mouvement de la mouche capturée. On applique la pointe du pinceau le long de la face supérieure du limbe et on effectue de lents mouvements de va-et-vient durant une demi-heure.

Résultats : nous constatons un repliement progressif du limbe ; en fin d' expérience, il est de l'ordre de trente degré. Nous remarquons également un repliement des poils selon l'axe médian du limbe.

Interprétation : une stimulation mécanique entraîne le repliement du limbe. Ce repliement s'effectue dans le temps de capture (inférieur à 90 minutes) et à un vitesse analogue à celle constatée lors de la capture d'une mouche, contrairement au repliement du limbe d'origine purement chimique de l' expérience précédente. On en déduit donc que le repliement du limbe que l'on observe lors de la capture d'un insecte est déclenché par les mouvements de l'insecte.

L'enroulement du limbe semble jouer deux rôles, l'un précoce, lié à un stimulus mécanique (mouvements de l'insecte) qui participe à la capture de l 'insecte et l'autre tardif, lié à un stimulus chimique) qui pourrait intervenir