A-t-on protégé le panda géant au détriment d'un écosystème ?

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Dans la lutte pour la préservation de la biodiversité, de nombreuses espèces charismatiques ont été érigées en emblèmes : ours polaire, orang-outan, loup... Le panda géant fait partie de ces espèces. Autrefois classé « en danger » par l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), des aires protégées ont été mises en place pour le conserver. Et les efforts payent. Puisque aujourd'hui Ailuropoda melanoleuca est considéré « vulnérable », un degré d'inquiétude moindre, par cette même organisation.

Mais cet aspect emblématique préoccupe les chercheurs. Une étude, publiée dans Nature Ecology & Evolution, s'attarde sur les grands carnivores naturellement présents dans l'aire de répartition du panda géant. Dont les populations disparaissent des réserves chinoises... En silence. Le léopard des neiges suscite le moins de craintes. Sa présence dans l'habitat du panda géant n'a diminué que de 38 %. Pour les trois autres carnivores examinés, le constat est plus alarmant. Le léopard s'est éclipsé de 81 % des réserves. Le loup de 77 %. Et le dhole de 95 %.

Toutefois, ces reculs ne signifient pas forcément une chute des populations. Pour en avoir le cœur net, un recensement devra être effectué. En attendant, les scientifiques suggèrent « que les efforts de conservation futurs devraient viser la restauration d'écosystèmes à haute complexité ». Car miser sur la conservation d'une seule espèce emblématique ne semble pas suffisant pour protéger les autres espèces. Tel un bambou qui cacherait la forêt.

Endémique de la Chine, le panda géant est classé « espèce vulnérable » par l'UICN. © Edward, Adobe Stock