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Une sangsue tyrannosaure s'attaque aux voies respiratoires humaines !

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Cette étrange sangsue, dite tyrannosaure, (Tyrannobdella rex) a été découverte en 2007 en Amazonie péruvienne... dans le nez d'une jeune fille. Dotée de grandes dents, qui lui ont valu son nom, mais d'une seule mâchoire, elle a des mœurs assez désagréables, répugnantes et dangereuses pour l'homme. On vient de mieux comprendre qui elle est.

La sangsue Tyrannobdella rex, découverte en 2007 dans le nez d’une jeune fille dans l’Amazonie péruvienne. © Anna J. Phillips et al.

Pour pomper le sang de ses victimes, la sangsue tyrannosaure s'introduit dans les muqueuses des mammifères, c'est-à-dire au niveau des voies respiratoires, du rectum, de l'urètre, du vagin ou des yeux... L'hirudiniase interne, c'est-à-dire l'infestation des muqueuses internes par des sangsues, peut provoquer des pathologies mortelles chez le bétail ou l'homme : troubles respiratoires, hémorragie, anémie ou infections bactériennes.

Longue de 7 centimètres et disposant d'un appareil génital singulièrement réduit pour une sangsue, Tyrannobdella rex a été découverte en 2007 mais il a fallu plusieurs années d'analyses phylogénétiques pour la situer dans l'arbre des sangsues (alias hirudinées), lequel s'en est retrouvé chamboulé. La nouvelle venue a été rapprochée des sangsues qui s'attaquent aux muqueuses des mammifères, les praobdellidés, comme le montre l'étude publiée dans la revue PLoS One.

Cliquer pour agrandir. Les dents de Tyrannobdella rex sont dignes de celles d’un tyrannosaure, ce qui lui a valu son nom. © Anna J. Phillips et al.

L’infestation des muqueuses, plus qu’un mode de vie

Or jusqu'à présent, les seules sangsues de ce groupe avaient été observées en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. Les analyses génétiques suggèrent pourtant que Tyrannobdella rex et ces sangsues sont apparentées et que la capacité à provoquer des hirudiniases internes serait une caractéristique taxonomique plutôt qu'une curiosité de la nature. Toujours selon ces analyses, l'ancêtre de ces sangsues aurait vécu au Jurassique (-200 à -145 millions d'années), lorsque tous les continents étaient réunis en une Pangée.

En sus de préciser la classification des hirudinées, cette découverte souligne une fois de plus les richesses biologiques de l'Amazone, menacées de disparition par la déforestation. Par ailleurs, cette nouvelle sangsue représente aussi un intérêt médical en apportant aux scientifiques de nouvelles connaissances sur les molécules anticoagulantes utiles contenues dans la salive de ces animaux.

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