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Cerveau : chez les primates, la structure s’est modifiée avant la taille

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Proche cousin des Hommes et des grands singes, le Plesiadapis, un petit primate qui vivait il y a plus de 50 millions d'années, intéresse fortement les scientifiques. Armés d'un scanner moderne à haute résolution, ils ont enfin pu reconstituer son cerveau. Leurs résultats suggèrent que la structure de l'encéphale des primates s'est modifiée avant même que sa taille n'augmente.

D’après les chercheurs, Plesiadapis possédait un cerveau peu volumineux. Sa structure, en revanche, préfigure celle du cerveau des « primates vrais », dont l’Homme et les grands singes font partie. © Nobu Tamura, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0

Les primates sont habituellement caractérisés par un cerveau de grande taille par rapport à leur masse corporelle. L'étude du cerveau de Plesiadapis, un petit primate ayant vécu entre 58 et 52 millions d'années, vient remettre cette idée en cause. Elle suggère en effet que l'augmentation du volume de l'encéphale n'est pas le seul effet de l'évolution : la structure même de ce tissu mou a aussi subi de remarquables transformations.

Afin de percer les mystères d'un crâne fossilisé de Plesiadapis conservé dans les collections du Muséum d'histoire naturelle, une équipe internationale a utilisé le dernier-né des scanners, le microtomographe à rayons X« Cette technologie permet d'observer ce qui se cache à l'intérieur des fossiles et d'accéder à des informations nouvelles, comme la forme de l'endocrâne », indique Maëva Orliac, chercheuse CNRS à l'Institut des sciences de l'évolution de Montpellier (ISEM) et coauteure de l'article paru dans Proceedings of the Royal Society B.

Reconstruction 3D in situ du moulage endocrânien de Plesiadapis tricuspidens. © Maëva Orliac, CNRS, Institut des sciences de l’évolution de Montpellier (Isem)

Un volume cérébral semblable à celui d’un petit rongeur

Grâce aux marques laissées par le cerveau de Plesiadapis sur la surface interne du crâne, les chercheurs ont pu reconstituer la forme et l'apparence globale de celui-ci. « Contrairement à ce que l'on imaginait, son néocortex [qui est le siège des fonctions supérieures chez les primates, NDLRa une surface lisse, semblable au cerveau d'un petit rongeur, et un volume encéphalique peu important », décrit la paléontologue.

« La morphologie générale du cerveau, notamment la position relativement basse des bulbes olfactifs [aujourd'hui quasiment invisibles chez l'Homme, NDLR], préfigure en revanche celle des "primates vrais", le groupe dont nous faisons partie avec les grands singes. » De quoi mettre un terme à l'obsession du volume et montrer que les modifications structurelles, même discrètes, sont au moins aussi importantes dans l'évolution du cerveau des primates.

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