Oubliez les insecticides : peindre les vaches en noir et blanc suffit à les protéger efficacement des mouches et réduit la gêne occasionnée. Une méthode inspirée des nombreuses études sur l’utilité des rayures de zèbres.


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    La fonction des rayures du zèbre a fait l'objet de multiples spéculations scientifiques. Certains ont mis en avant une technique de camouflage pour se dissimuler dans les hautes herbes ou perturber la vision des prédateurs, un rôle de reconnaissance sociale, ou encore un moyen de dissiper la chaleurchaleur et de réguler leur température. Mais l'hypothèse « tenant la corde » est celle de la protection contre les attaques d’insectes et de parasites. Au moins trois études sont venues appuyer cette théorie. En février 2019, une équipe menée par Tim Caro a, par exemple, montré que les rayures noires et blanches agissent comme une illusion d'optique chez les taons et les mouches tsé-tsé en modifiant la polarisation de la lumièrelumière. Le chercheur a confirmé son postulatpostulat en peignant des chevaux en noir et blanc et constaté que ces derniers étaient moins piqués par les insectes.

    La mouche, véritable fléau des troupeaux

    Partant de ce principe, des chercheurs japonais ont voulu savoir si l'astuce pouvait être appliquée aux vaches, particulièrement touchées par les piqûres de mouches. Non seulement ces dernières peuvent transmettre des maladies, mais elles affectent le comportement des troupeaux, réduisant le temps de pâturage, d'alimentation et de couchage du bétail. « Les mouches augmentent aussi la tendance du bétail à se regrouper, ce qui génère un stress dû à la chaleur et accroît le risque de blessure, car les animaux se bousculent pour trouver une meilleure position afin d'éviter les piqûres », rappellent les auteurs dans leur étude publiée dans la revue Plos One. Finalement, des bovins moins gros pour la boucherie et une baisse de production chez les vaches laitières.

    Les vaches peintes en noir et blanc (a) sont deux fois moins piquées que celles avec des rayures noires (b) ou celles restées en brun (c). <i>© </i>Tomoki Kojima et al,<i> Plos One,</i> 2019
    Les vaches peintes en noir et blanc (a) sont deux fois moins piquées que celles avec des rayures noires (b) ou celles restées en brun (c). © Tomoki Kojima et al, Plos One, 2019

    Pour leur expérience, les chercheurs ont comparé le comportement des mouches sur des vaches brunes : l'une avec un pelage normal, une deuxième avec des rayures noires, et la troisième avec des rayures noires et blanches comme celles d'un zèbre. Les résultats sont allés au-delà de leurs espérances : les vaches zébrées sont en moyenne deux fois moins piquées que leurs homologues uniformes. De plus, les comportements anti-mouches des bovins (coups de queue, secouement de la tête...)) sont 20 % moins fréquents chez les vaches rayées bicolores.

    Une alternative crédible aux pesticides ?

    Pour les auteurs, cette méthode pourrait constituer une alternative aux insecticides chimiques habituellement utilisés dans les élevages. D'autant plus que les mouches deviennent rapidement résistantes à ces pesticides, notent-ils. Évidemment, peindre une vache exige un peu de temps. Pour leur expérience, cela a nécessité environ 5 minutes par vache, la peinture s'effaçant au bout de quelques jours. Mais après tout, des marquages sont déjà utilisés dans certains troupeaux pour reconnaître les individus à distance. « Il faudrait développer des peintures persistant le temps de la saisonsaison des mouches, soit 3 à 4 mois », suggèrent les auteurs. Et faire prendre des cours de peinture aux agriculteurs.