En atteignant déjà +1,5° C d'ici cinq ans, nous risquons de connaître des changements irréversibles sur certains écosystèmes uniques et indispensables. © sdecoret, Adobe Stock
Planète

La Planète pourrait changer de manière irréversible d'ici 5 ans

ActualitéClassé sous :Terre , Réchauffement climatique , Crise climatique

[EN VIDÉO] Réchauffement climatique : notre planète en territoire inconnu  Dans la version préliminaire — qui ne couvre que les neuf premiers mois de l’année 2021 — de son rapport annuel State of the Global Climate, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) confirme la tendance au réchauffement climatique. Pour la première fois, la barre d’une hausse de 1 °C par rapport aux moyennes préindustrielles a été franchie sur la période des vingt dernières années. Mais le rapport met surtout en avant les nombreux phénomènes météo extrêmes survenus en 2021 et leurs conséquences pour la planète et pour l’humanité. © Organisation météorologique mondiale 

Plusieurs points de basculement majeur de notre Planète seront probablement atteints avec +1,5 °C de réchauffement, selon une conférence donnée pour la Commission européenne. Or, selon l'Organisation météorologique mondiale, ce seuil sera peut-être atteint dans les cinq ans à venir.

« Franchir les points de basculement pourra mener à des changements irréversibles sur Terre », telle est la conclusion d'une conférence de scientifiques réunis devant la Commission européenne le 7 juin dernier. Les points de basculement du climat sont définis par le Giec comme un « seuil qui, lorsqu'il est franchi, entraîne de grands changements, souvent irréversibles » : la fonte des calottes glaciaires de l'Antarctique et du Groenland, la déforestation, la disparition d'espèces clés au sein de la biodiversité, entre autres.

Des points de basculement négatifs et irréversibles d'ici 5 ans

Les changements les plus importants se manifesteront de manière brusque, et non pas graduellement. Sans diminution drastique de nos émissions de gaz à effet de serre, limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C sera impossible, comme l'a annoncé le rapport du Giec en avril dernier. Pour y arriver, il faudrait réduire nos émissions de 43 % d'ici 2030 d'après les Nations unies. Mais selon l'un des intervenants de la conférence, Johan Rockström, directeur de l'Institut du climat de Potsdam, il ne suffit pas de limiter la hausse des températures à +1,5 °C par rapport aux niveaux pré-industriels, il ne faut en fait même pas les atteindre. « En atteignant déjà + 1,5 °C, nous risquons de connaître des changements irréversibles sur certains écosystèmes uniques et indispensables. » Comme l'avait rappelé Petteri Taalas, le secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale en mai dernier « le chiffre de 1,5 °C n'est pas une statistique parmi tant d'autres. C'est un indicateur du point à partir duquel les impacts du changement climatique auront des conséquences nocives pour les humains et la Planète ».

La déforestation et la perte de la biodiversité font partie des points de basculement négatifs. © Pulsar Imagens, Adobe Stock

Or, il faut rappeler que nous avons déjà franchi le seuil de +1,2 °C de réchauffement global début 2022. Selon l'ONU, il y a 50 % de risque pour que la hausse des températures atteigne ou dépasse les 1,5 °C d'ici cinq ans, comparée à celle des niveaux pré-industriels. Les prévisions pour la période de 2022 à 2026 oscillent exactement entre 1,1 et 1,7 °C de réchauffement planétaire. Le fait que les cinq prochaines années soient plus chaudes que les cinq dernières années est une quasi-certitude selon l'Organisation météorologique mondiale.

Des points de basculement positifs qui peuvent aussi changer notre futur

Mais les scientifiques de la conférence ont rappelé aux membres de la Commission européenne que le réchauffement climatique n'était pas une fatalité, puisque certaines actions de grande envergure pouvaient avoir un impact très bénéfique. Car s'il y a bien des points de basculements négatifs, il y a aussi des points de basculement positifs, comme le fait de totalement supprimer les centrales de charbon et d'investir dans les énergies propres. Comme le rappelle judicieusement David Mair du centre de recherche de la Commission européenne, « il ne suffit pas de convaincre les citoyens de la réalité du changement climatique, c'est un problème politique et nous avons besoin que les politiques le résolvent ».

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !