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Création d'un Parc Amazonien en Guyane

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Le Parc Amazonien de Guyane : une avancée importante pour la protection des forêts tropicales, sur fond d'orpaillage illégal persistant. Avec une superficie supérieure à celle de la Belgique, ce Parc constitue la plus grande aire protégée française.

Misty sunset on the Amazonian forests along the Tambopata river. French Guiana © WWF-Canon / Roger LeGUEN

Avec ses 3,3 millions d'hectares dont 2 en zone coeur  1, le Parc Amazonien constitue une grande avancée pour la conservation du massif forestier nord-amazonien à laquelle la Guyane va maintenant contribuer de manière significative. Cette collectivité française d'Outre Mer possédait jusqu'à présent 5 réserves naturelles récentes, outils de préservation, de recherche et d'éducation mais dont les superficies ne pouvaient répondre pleinement aux enjeux de conservation de la forêt tropicale. Le Brésil a su développer depuis longtemps des espaces naturels protégés.Quant au Vénézuela, il possède 46 parcs nationaux qui, avec les autres aires protégées, représentent près de 46 % de son territoire. Une des spécificités du Parc Amazonien de Guyane est sa dimension transfrontalière : il est relié aux aires protégées voisines du Brésil - le Parc des Tumucumaque (3,8 millions d'ha), la station écologique de Grão-Pará (4,3 millions d'ha) et la récente réserve de Maicuru (1,2 millions d'ha) - formant ainsi la plus grande zone de forêt tropicale protégée au monde d'une superficie totale de plus de 12 millions d'ha.

Aigle harpie - Harpia harpyja Amazonas, Brazil. Juruena National Park, Brazil. © WWF / Zig KOCH

La création de vastes zones protégées et leur mise en réseau, présentent un intérêt tout particulier pour la conservation de milieux rares, le maintien de processus écologiques, et la survie à long terme d'espèces ayant besoin de grands territoires, comme le jaguar (Panthera onca) ou l'aigle harpie (Harpia harpyja).

Quelques jours après les conclusions des travaux du Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC), la protection d'un grand bloc de forêt tropicale apparaît également comme une contribution déterminante à la lutte contre la déforestation, un des principaux facteurs du bouleversement climatique au niveau planétaire.

Le Parc Amazonien devra fédérer les acteurs guyanais autour d'un projet de territoire basé sur deux enjeux complémentaires : la protection d'un patrimoine naturel mondialement reconnu et l'accompagnement d'un développement respectueux des modes de vie des communautés locales.

« L'aboutissement de ce projet constitue une satisfaction pour l'ensemble du réseau WWF qui accompagne ce projet depuis plus de 15 ans. Néanmoins, l'absence d'extension du cœur de Parc aux zones de vie des populations autochtones du Sud Ouest de la Guyane constitue une faiblesse notable », souligne Serge Orru, directeur général du WWF-France.

Exploitation mine d'or - - French Guiana (FR). © WWF-Canon / Michel GUNTHER

Dans l'immédiat, la création de ce Parc doit impérativement être accompagnée d'un renforcement de la lutte contre l'orpaillage illégal. Les impacts de ce fléau restent catastrophiques aux niveaux environnemental, sanitaire (contamination au mercure) et social (prostitution, insécurité...). Plusieurs milliers de travailleurs clandestins exploités par des réseaux encore trop peu inquiétés, continuent d'occuper des dizaines de sites d'orpaillage isolés.

« La création du Parc Amazonien représente un engagement fort pour la conservation à long terme du massif forestier de Guyane. Toutefois, malgré les efforts déjà déployés, la situation sur le terrain reste alarmante», souligne Laurent Kelle, responsable du bureau WWF en Guyane. « C'est par une coopération forte avec le Brésil et le Suriname que l'on parviendra à lutter efficacement contre l'exploitation illégale de l'or et, à terme, à optimiser la gestion de ce grand réseau d'aires protégées ».

A travers son programme pan-amazonien d'aires protégées (ARPA), le WWF appuiera l'ensemble des acteurs pour que ce nouveau Parc Amazonien associe les populations résidentes et contribue rapidement à l'amélioration des conditions de vie des communautés concernées.

1 zone à vocation de protection (a priori, catégorie II UICN), permettant néanmoins le maintien des activités de subsistance (chasse, pêche, cueillette...)

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