Où se situent les endroits les plus contaminés à l’arsenic en France ? © Chudakov, Adobe Stock
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Un 1/5e de la France est contaminé par l’arsenic à un niveau supérieur à la normale

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L'arsenic est naturellement présent dans le sol dans certains endroits mais une grande partie provient d'anciens sites industriels. Or, une exposition prolongée à l'arsenic présente des risques pour la santé. Êtes-vous concerné et comment se protéger ?

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[EN VIDÉO] Interview 3/5 : d'où vient la pollution des sols ?  La pollution des sols est souvent due à d’anciennes industries ayant rejeté des polluants sur leur terrain d'exploitation ou à l’utilisation agricole d’engrais et de pesticides. Philippe Hubert, directeur des risques chroniques de l’Ineris, nous parle des solutions pour traiter un sol pollué. 

Un cinquième du territoire métropolitain (hors Corse) présente « des teneurs de contamination diffuse par l'arsenic supérieures aux valeurs ordinaires ». C'est le constat préoccupant dressé par le Commissariat général au développement durable (CGDD) dans un rapport paru en décembre. Pour ces endroits, la teneur en arsenic dans le sol s'élève à plus de 25 mg/kg de terre fine, et dans certaines zones, on atteint même 412 mg/kg, montre la cartographie établie par le CGDD.

Les teneurs les plus élevées s'observent dans le nord-est de la France et dans le Massif central, ce dernier comptant huit points chauds où la teneur en arsenic est particulièrement élevée. À l'inverse, les territoires constitués de sols sableux acides (Landes, Sologne, nord des Vosges) affichent les teneurs les plus basses. « Ces sols, issus de matériaux géologiques avec de faibles teneurs naturelles en arsenic, possèdent par ailleurs une faible capacité à fixer l'arsenic sur leurs particules organiques ou minérales [adsorption», explique l'étude.

Carte de France des sols contaminés à l’arsenic. © CDGG

Une mauvaise gestion des sites industriels

Si une grande partie de la contamination s'explique par la nature des roches, l'arsenic provient également de pollutions industrielles. « La part des sites pollués par l'arsenic représente un peu plus de 10 % des 9.527 sites pollués ou potentiellement pollués par une activité actuelle ou ancienne », relève le CGDD. Cette pollution résulte d'accidents (manutention, transport), de mauvaises pratiques de stockage (déchets, effluents) ou de confinements (produits toxiques ou dangereux). « Initialement localisée, elle peut s'étendre sous l'effet de la dispersion par l'air ou par les eaux percolant dans le sol, s’infiltrer dans le sous-sol et atteindre les nappes souterraines », alerte le CGDD. Les activités en cause sont variées : l'arsenic peut provenir de dérivés minéraux (arséniate de plomb, de calcium, etc...) utilisés comme pesticides dans la viticulture et en arboriculture jusque dans les années 2000, impuretés dans certains engrais minéraux ou anciennes mines.

Nombre et nature des sites pollués à l’arsenic. © CGDD

Arsenic : les risques pour la santé

Cette contamination n'est pas anodine : « Une exposition prolongée à l'arsenic est susceptible de provoquer des cancers, des lésions cutanées et serait aussi responsable de maladies cardiovasculaires, de diabète, et de troubles du développement cognitif de l'enfant », souligne le CGDD. L'arsenic est le plus souvent ingéré par l'eau de boisson contaminée et les aliments (notamment le poisson, les mollusques, les crustacés, ou le riz). En France, la concentration maximale admissible de l'arsenic dans les eaux destinées à la consommation humaine est ainsi fixée à 10 µg/L.

La pollution au mercure

Outre la pollution à l'arsenic, le CGDD se penche aussi sur le mercure, un métal lourd utilisé dans l'industrie et que l'on retrouve dans certains effluents industriels. « Particulièrement volatil, le mercure émis lors de combustions (déchets contaminés, combustibles fossiles) peut contaminer les sols et l'environnement par retombées atmosphériques », met en garde l'étude. On observe ainsi des « points chauds » encore dans le Massif central liés à d'anciennes activités d'extraction aurifère et à la présence de roches volcaniques ; dans le Nord, liés à l'industrie métallurgique ; et autour de Paris, correspondant à l'apport de boues d’épandage en provenance d'une ancienne station d'épuration dans les 1970 et 1980.

Inutile de paniquer pour autant. L'arsenic n'est pas nécessairement dangereux : seul celui dit bioaccessible (pouvant être absorbé par le corps humain) présente un risque pour la santé. Cette bioaccessibilité dépend du type d'arsenic et de la composition de la terre.

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