La viticulture représente moins de 4 % des terres cultivées en France mais consomme 20 % des pesticides. Une enquête menée par l’association Générations futures rapporte que 74 % des pesticides utilisés se retrouvent dans les cheveux des salariés viticoles.
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Les sols, l'airair et les rivières sont contaminés par les pesticides. Les substances activessubstances actives sont impliquées dans le déclin des abeilles et impactent les saumonssaumons. Et l'Homme n'est pas épargné. Certaines moléculesmolécules contenues dans les pesticidespesticides peuvent en effet être cancérigènes et d'autres sont des perturbateurs endocriniens. En 2011, l'InVSInVS montrait que le taux de PCBPCB ou de pesticides pyréthrinoïdespyréthrinoïdes (substances dérivées des chrysanthèmes, largement utilisées en agricultureagriculture pour leurs propriétés insecticidesinsecticides) sont plus importants chez les Français que dans le reste de l'Europe.

La France est le premier pays européen utilisateur de pesticides et le troisième au monde. En 2011, dans notre pays, 62.700 tonnes de pesticides ont été déversées dans l'environnement. La culture des vignes consomme 20 % de la massemasse totale des pesticides. Pourtant, en 2011, les vignes représentaient 783.000 hectares, soit 3,7 % de la surface agricole utile. La viticulture est ancrée dans la culture française depuis la colonisation grecque. Si la consommation journalière de vin par habitant a largement diminué ces 40 dernières années, un Français en consomme en moyenne un verre (de 12 cl) par jour.

Les salariés viticoles contaminés aux pesticides

Dans le contexte actuel, l'association Générations futures a mené une enquête sur le lien entre les pesticides et les salariés viticoles. Plus précisément, l'association cherchait à déterminer si les salariés viticoles qui ne pulvérisent pas les pesticides mais travaillent dans les vignes, ainsi que les riverains des champs sont contaminés ou non. Les tests ont été réalisés en Aquitaine. Cette région comprend 54.270 salariés autour de la viticulture. L'enquête, baptisée Apache et basée sur l'analyse de cheveux, montre que 74 % des pesticides actuellement autorisés ont été retrouvés au moins une fois dans les cheveux des personnes testées.

Aux États-Unis, l'épandage de pesticides se fait par avion car la surface des champs est très importante. © USDA, DP

Aux États-Unis, l'épandage de pesticides se fait par avion car la surface des champs est très importante. © USDA, DP

L'étude est basée sur l'analyse de cheveux de 25 personnes, elle n'est donc pas représentative de l'exposition moyenne des salariés viticoles et des riverains. Les résultats n'ont pas de valeur statistique significative. Néanmoins, les chiffres peuvent être vus comme une illustration du problème des pesticides. Dans la cohortecohorte se trouvent 15 salariés viticoles, et six d'entre eux déclarent ne pas avoir été exposés directement à des pulvérisations. Les autres participants ne sont pas salariés viticoles, mais cinq d'entre eux habitent près des vignes (moins de 250 m) et les cinq autres, loin des vignes, constituent le groupe témoin.

Cancérigènes et perturbateurs endocriniens décelés

En laboratoire, 35 molécules (34 substances actives pesticides et un métabolitemétabolite) ont été recherchées dans les cheveux. Sur les 27 substances autorisées, 20 ont été retrouvées au moins une fois sur toutes les personnes. Les salariés viticoles affichent 11 fois plus de pesticides que les non-professionnels. En outre, 10 des 22 molécules retrouvées sont classées comme pesticides cancérigènes possibles (en Europe et aux États-Unis) et huit sont des perturbateurs endocriniensperturbateurs endocriniens. Enfin, en moyenne, on a retrouvé chez les salariés viticoles 3,5 pesticides cancérigènes et 1,5 perturbateur endocrinien. Pour les riverains des vignes, ils affichent en moyenne 1,6 pesticide cancérigène et 0,8 perturbateur endocrinien. Les personnes tests n'ont que 0,2 pesticide cancérigène et 0,2 perturbateur endocrinien.

Si cette étude n'est pas représentative de la situation moyenne des salariés viticoles, elle fournit néanmoins des chiffres concrets et alarmants. Alors que le salon de l'agriculture a ouvert ses portesportes, le rapport de Génération future pourrait bien provoquer quelques réactions.