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Pesticides : des ONG portent plainte contre les nouvelles règles de l'UE

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Les limites sur l'utilisation des pesticides, qui vont entrer en vigueur la semaine prochaine, conduiraient souvent à augmenter les doses permises, jusqu'à générer un vrai risque pour les enfants. C'est ce qu'affirment plusieurs organisations, qui viennent de publier un rapport.

Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour. © Mary / Flickr - Licence Creative Common (by-nc-sa 2.0)

A partir du lundi premier septembre, une nouvelle réglementation européenne entrera en vigueur, imposant une limite à l'utilisation des pesticides, c'est-à-dire des produits phytosanitaires utilisés en agriculture pour lutter contre les organismes nuisibles, insectes, champignons, vers ou plantes indésirables. Ces molécules pénètrant dans la plante ou y laissant des sous-produits, la réglementation concerne aussi les limites maximales en résidus (LMR) que l'on tolère dans les fruits et les légumes traités.

En 2005, une réglementation européenne a été mise en place pour harmoniser les LMR au sein de l'Union européenne, d'une manière progressive pour ne pas fausser le marché et parce que le travail est très long. Il faut en effet étudier chacun des 349 pesticides autorisés en Europe pour toutes les cultures dans lesquelles il est susceptible d'être utilisé. Provisoirement, des LMR ont été proposées par la Commission européenne, en attendant les résultats définitifs. L'UE en a défini 170.000, concernant 443 pesticides et 380 produits alimentaires. Ce sont ces limites qui entreront en vigueur le premier septembre prochain.

Alignement sur les pays les plus tolérants aux pesticides ?

On pourrait s'attendre à ce que ces nouvelles LMR conduisent à des limitations plus strictes ou au moins peu différentes de celles imposées actuellement par les réglementations nationales. Mais selon un rapport publié conjointement jeudi dernier par la branche allemande de Greenpeace et une organisation autrichienne, Global 2000, les quantités de résidus autorisées augmenteraient en réalité considérablement, plus ou moins selon les pays et en particulier pour le raisin, les pommes, les tomates et les poires. Ce serait le cas pour 200 pesticides dans la majorité des pays européens. En Autriche, selon le rapport, 65% des LMR seraient augmentées et, dans certains cas, de 1.000%.

En France, François Veillerette, président du Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures (MDRGF), cite le cas du fénoxycarbe pour les agrumes. Cet insecticide est classé « cancérigène humain probable » et sa LMR actuelle, en France et pour les agrumes, est de  0,05 mg/kg. La nouvelle réglementation autorise 2 mg/kg, soit 40 fois plus... Les experts cités par le rapport (notamment un biochimiste allemand, Helmut Burtscher) annoncent un risque pour la santé, surtout pour les enfants, plus exposés du fait de leur masse corporelle plus faible.

Un ensemble d'associations européennes (dont le MDRGF), regroupées dans PAN Europe, ont porté plainte contre la Commission européenne. Leur argument est que celle-ci aurait retenu pour limites les valeurs les plus élevées parmi les pays de l'UE, n'aurait pas tenu compte de ses propres études et, enfin, n'aurait pas « évalué correctement les effets cumulatifs des pesticides sur la santé humaine ».

La Commission n'a pour l'instant pas répondu à ces attaques.

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