Photo d'un spécimen de cœlacanthe, du genre Latimeria. © jonnysek, Adobe Stock
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Les cœlacanthes peuvent vivre un siècle, cinq fois plus longtemps que ce que l’on pensait

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[EN VIDÉO] Laurent Ballesta raconte sa passion du cœlacanthe  Avec la passion du plongeur et celle du biologiste, Laurent Ballesta nous raconte pourquoi il s'apprête à retourner auprès des cœlacanthes, pour filmer et étudier ce poisson qui a stupéfié les scientifiques. © Laurent Ballesta 

Grâce à des technologies plus précises, les scientifiques ont réussi à réévaluer l'espérance de vie des cœlacanthes, et leurs résultats montrent que les précédentes estimations étaient loin de la vérité. 

Les cœlacanthes sont des poissons réellement exceptionnels. Très anciens, ils n'ont que très peu évolué depuis 350 millions d'années, portant en eux les vestiges du passage de la vie marine à la vie terrestre. On croyait ces espèces reliques éteintes depuis la disparition des dinosaures, jusqu'au jour où on en a pêché un, en 1938. Même s'ils existent encore, ils restent extrêmement discrets et difficiles à étudier puisqu'ils préfèrent les eaux profondes et ne survivent jamais en captivité. 

Récemment, les chercheurs ont estimé, dans une étude publiée dans Current Biology le 17 juin, que ces poissons vivaient cinq fois plus longtemps que ce que l'on croyait.

Les précédentes estimations d’âge étaient faussées

La détermination de leur âge s'était auparavant faite en regardant les anneaux de croissance qui ne donnaient pas plus de 20 ans au spécimen, ce qui était très étonnant. Cela faisait du cœlacanthe l'un des poissons ayant le développement le plus rapide vu sa grande taille, les lenteurs de son métabolisme et de sa reproduction, caractéristiques des poissons à longue histoire de vie, comme ceux des profondeurs océaniques

Comment les scientifiques ont-ils déterminé leur véritable âge ?

Les scientifiques ont profité du fait que le Muséum national d'Histoire naturelle de Paris (MNHN) ait une des plus grandes collections de cœlacanthes au monde, et ont pu examiner en tout 27 spécimens. Pour ce faire, ils ont appliqué de nouvelles méthodes comme la microscopie en lumière polarisée et une technologie d'interprétation des écailles permettant d'estimer la croissance corporelle des individus précisément. Grâce à cela, ils ont pu déceler des cercles beaucoup plus petits et presque imperceptibles sur les écailles, qui seraient les vraies lignes de croissance, et non pas les précédentes, beaucoup plus grosses. 

Écailles d'un cœlacanthe adulte. © Laurent Ballesta

Ils ont également étudié deux embryons et calculé la durée de la gestation basée sur la taille de la progéniture à la naissance, trouvant qu'ils restent durant cinq ans dans le ventre de leur mère. 

Les implications de l’étude

De cette découverte découlent d'importantes implications pour la conservation des cœlacanthes qui sont en danger critique d'extinction sur la liste rouge de l’UICN. La menace des espèces au développement lent est encore plus alarmante car elles ont besoin de davantage de temps pour se reproduire et être remplacées. 

Dans les études à venir, les chercheurs envisagent d'effectuer des analyses de chimie à micro-échelle pour déterminer s'il y a un lien entre la température et la croissance du cœlacanthe. La réponse donnera un aperçu des effets du réchauffement planétaire sur cette espèce vulnérable.

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